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La Fédération française de football va revaloriser de manière « significative » les dotations allouées aux clubs qui participent à la Coupe de France féminine dès la saison prochaine.
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En se qualifiant en demi-finales de la Coupe de France féminine pour la première fois de son histoire, Yzeure a eu l’heur de gagner 20 000€. En cas d’élimination aux portes du dernier carré, le club qui évolue en D2 féminine n’aurait rien touché. Jusqu’à présent, il fallait forcément atteindre l’avant dernier échelon pour bénéficier des dotations de la Fédération française de football. Et encore, elles étaient sans commune mesure avec celles du football masculin. Quand le gagnant de la Coupe de France féminine reçoit 60 000€, celui de la Coupe de France masculine en engrange plus de 2 millions.

Une situation inique qui avait provoqué l’ire du directeur général d’Yzeure, Renaud Fabre. « Chez les garçons, les clubs ont une dotation dès le 7e tour (200 équipes), c’est scandaleux, avait-il fulminé à l’occasion d’une interview accordée à RMC Sport. On sait très bien que les moyens entre les compétitions masculines et féminines sont complètement différents. On est conscient de ne pas avoir les mêmes droits. Ce qu’il l’est moins, c’est de ne rien avoir. Entre une petite somme et rien du tout, il y a une différence. »

Sa colère a été entendue. Selon le journal L’Équipe, la FFF va revaloriser de manière « significative » la dotation réservée au football féminin. Ainsi, les équipes pourront gagner de l’argent dès les premiers tours à compter de la saison prochaine (2022-2023). De plus, cette décision sera rétroactive et elle s’appliquera donc aux écuries engagées cette année.

Des tenues complètes pour les joueuses
En novembre 2021, les joueuses du Cercle Paul-Bert Bréquigny (R1), dans l’agglomération rennaise, étaient entrées sur la pelouse sans short ni chaussettes lors d’un match de Coupe de France féminine contre Brest. Elles protestaient alors contre les inégalités entre les hommes, qui reçoivent une tenue complète à partir du quatrième tour de la compétition, et les femmes à qui la 3F ne fournissait que le maillot. Et encore, c’était un match sur deux.

La journée des droits des femmes a sûrement donné des idées à la Fédération française. L’institution a enfin réagi en promettant des tenues complètes pour les joueuses à chaque tour dès la saison prochaine. C’est le minimum syndical, mais c’est déjà une bonne nouvelle.

Del Arte, enseigne de restauration italienne, poursuit sa dynamique de développement et ouvre un nouvel établissement franchisé route de Lorient, à Rennes,

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Enseigne du Groupe le Duff, Del Arte compte 209 restaurants, installés dans plus de 194 villes. La franchise célèbre cette année ses vingt ans. Près de 90 % de ses établissements sont aujourd’hui opérés par des franchisés.

À Rennes, le troisième restaurant du groupe ouvrira mercredi 9 mars 2022, route de Lorient. Sous la direction de Laurent Strina qui a, lui aussi, décidé de rejoindre le réseau de franchisés Del Arte.

Après avoir rejoint le Groupe Le Duff en 1991 au sein de ses restaurants puis au siège social de l’enseigne Brioche Dorée, il devient directeur des opérations succursales Del Arte, entre 2011 et 2017. Séduit par le principe de franchise et par la culture Del Arte, il reprend le restaurant de Pacé en juillet 2017 puis celui de Saint-Grégoire en septembre 2019.

163 places assises et une terrasse

Le restaurant de la route de Lorient disposera de 163 places assises en salle et d’une terrasse de soixante-dix-huit places. Pour cette ouverture, Laurent Strina a fait évoluer des collaborateurs de ses deux premiers restaurants et a recruté et formé au global une équipe de plus de vingt collaborateurs.

Le digital sera également mis à l’honneur avec une possibilité de commander en Click & Collect ou d’être livré avec Uber Eats. « Ce qui nous anime aujourd’hui, c’est de partager, à chaque moment de la journée, avec nos clients, l’authenticité et le plaisir que nous prenons dans cette aventure. Del Arte nous a accompagnés et soutenus dès le début de cette nouvelle vie. Malgré un contexte difficile, nous sommes confiants et avons les clés en mains pour faire de cette ouverture un véritable succès », précise Laurent Strina.

Les hectares supplémentaires visés par le Stade rennais ravivent l’opposition à l’artificialisation des sols de la Prévalaye. Entre ces deux feux, la ville de Rennes, propriétaire des terrains, va devoir trancher.
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La position n’est pas très confortable. D’un côté, le Stade rennais, club de football du milliardaire breton François Pinault, veut étendre son centre d’entraînement à côté du stade. De l’autre, des citoyens portent le rêve de développer la vocation agricole du site et de préserver, aux portes de la ville, des espaces riches en biodiversité. Au milieu, les élus rennais ménagent la chèvre et le chou.

Le Stade rennais semblait s’être résolu à une extension de 3,5 hectares à la Piverdière. Les expulsions des « papys jardiniers » commençaient à tomber. Les opposants au projet soupçonnaient bien le club de lorgner sur des parcelles supplémentaires. Mais l’information avait été démentie par des élus à l’automne dernier. Ils s’étonnaient aussi que le permis de construire tardait à être déposé. Et pour cause : le Stade rennais a finalement besoin de 2,6 hectares supplémentaires à la Piverdière, a-t-il annoncé lors de la 11e réunion du comité de gestion de la Prévalaye. Alors que le centre d’entraînement se compose aujourd’hui de sept terrains répartis sur douze hectares, le club envisage désormais un total de 10 terrains sur 18 hectares.

Du côté de la municipalité, la gêne est palpable. « La Ville de Rennes est attachée à ce que le Stade rennais puisse rester à Rennes, à proximité du stade et de ses supporters, sur le site du centre d‘entraînement actuel, que le club occupe depuis 20 ans », répond Didier Chapellon, adjoint à la biodiversité et président du comité de gestion. ?« Nous avons, depuis l’origine, demandé au club de définir un projet sobre et compact, respectueux du site naturel (…)». Est-il opposé à la nouvelle version ? L’élu temporise. « Nous attendons que le Stade rennais termine ses études et présente un projet définitif ». Contacté, le stade rennais n’a pas répondu à nos sollicitations.

Le pied dans la porte
Ce revirement n’a pas du tout convaincu le collectif de défense de la Prévalaye. « Leur besoin en terrain devient trop grand à nos yeux. Ils veulent faire une nouvelle entrée esthétique, un parking, une bande d’échauffement et des zones d’entraînement pour les gardiens de but, ce que nous jugeons secondaire. Ils veulent grignoter l’espace avec comme argument la concurrence entre les grands clubs français » pointe Yoann, membre du collectif.

Justification d’autant moins recevable à ses yeux que la parcelle visée est stratégique. « C’est une position centrale, ouverte sur la route, et qui encerclerait un projet de permaculture. Avoir des zones artificialisées autour va diminuer la biodiversité générale.
Le stade veut prendre un bout de parcelle avec l’argument que celui-ci serait pollué. Mais à terme, s’ils mettent le pied dans la porte, ils peuvent vouloir s’étaler encore. Si nous voulons une cohérence au niveau agricole, un projet fort, compact et sur le long terme, nous avons besoin de garder ce terrain, pas de scinder la parcelle avec des terrains privatisés » poursuit Yoann.

Entre consensus et aspirations irréconciliables
Sur les réseaux sociaux, Mathieu Theurier, ancien candidat écologiste à la mairie rallié à Nathalie Appéré, a lui aussi regretté le revirement de situation. « Un consensus semblait pouvoir se dégager pour le futur centre d‘entraînement de la Piverdière. Oui, il est possible de concilier sport, agriculture et nature sur ce site. Mais le stade rennais est revenu en arrière avec un nouveau dimensionnement de son projet qui rompt avec le travail commun mené jusque-là. C’est regrettable. Heureusement, il est encore temps de revenir à ce qui faisait consensus. Le dialogue doit continuer en ce sens ».

L’opposition, via la macroniste Carole Gandon, n’a pas manqué de tirer à boulet rouge sur les « incohérences de la majorité ». « Céder 2,6 ha de plus reviendrait à sacrifier de manière irrémédiable 6 hectares d’un patrimoine naturel inestimable et commettre une grave erreur car d’ici quelques années, il y a fort à parier que le club se sentira de nouveau à l’étroit » a réagi la présidente de Révéler Rennes. Face à des « aspirations irréconciliables sur un même lieu », la marcheuse plaide pour « chercher un espace d’environ 30 hectares pour le stade rennais, à la hauteur de sa notoriété européenne en tant que centre de formation, pour permettre à cet acteur sportif et économique de se développer ».

Le permis à l’étude pour la rentrée
Mais pour la majorité, il n’en est pas question. « Déplacer le centre d’entraînement à l’extérieur de la ville, en artificialisant 30 ou 40 hectares de terres naturelles ou agricoles, serait un non-sens écologique. Nous avons la volonté d’augmenter la place de la nature en ville, et de ne pas « exporter » nos projets à l’extérieur, dans un objectif de sobriété foncière » répond Didier Chapellon. Désormais, le club devrait déposer le permis de construire de son projet en septembre 2022. Pour le collectif de la Prévalaye, qui lance régulièrement des cultures sauvages et cultive un « jardin à défendre », c’est « un an de gagné ». Mais pour que le projet sorte de terre, encore faut-il convaincre définitivement la Ville de Rennes, toujours propriétaire des terrains.

Quatrième de Ligue 1, le Stade Rennais vient d'enchaîner trois succès de suite et n'est plus qu'à un point de la troisième place de l'OM. Alors que le club breton s'apprête à vivre une semaine intense avec le retour de l'Europa Conference League, le 8e de finale aller à Leicester jeudi soir (21h) et un déplacement à Lyon dimanche (17h05), le directeur technique Florian Maurice se félicite du jeu collectif de son équipe, encense son entraîneur Bruno Genesio et fait le point sur les ambitions du club.
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Florian, Rennes enchaîne à nouveau les victoires, est revenu à un point du podium avant un 8e de finale de Coupe d'Europe à Leicester jeudi (21h, sur RMC Sport 1) en Conference League. Le tableau à un peu plus de deux mois de la fin de saison vous convient-il ?
Oui on peut dire que pour l'instant tout va bien. Mis à part l'accroc en Coupe de France à Nancy (1-1, 4 tab 3 en 16es de finale) qui fait tâche. Mais on a su se reprendre en championnat et ce match à Leicester qui arrive sera très intéressant à jouer.

Quand on voit comment Rennes joue, comment jouent les autres équipes et qu'on voit l'écart avec le haut de classement, le podium devient-il un objectif logique?
On arrive dans le sprint final mais réellement on ne se pose pas cette question-là. Je vais dire quelque chose de banal mais on joue vraiment match après match, sans appréhension particulière, toujours avec une grande ambition de les gagner tous et on vit très bien comme ça. Je pense même que c'est pour ça que ça se passe bien car on ne se projette pas plus loin.

Mais avec le niveau de jeu que montre l'équipe, considérez-vous que vous avez votre place sur le podium?
En qualité de jeu évidemment, on peut dire qu'on joue mieux que certaines équipes. Nous on regarde ce qu'on fait. Les choses sont mis en place à l'entraînement au quotidien pour avoir notre style de jeu qui nous amène des victoires mais on a encore besoin de progresser, dans des moments où on peut être un peu chahuté mais je pense aussi qu'on gagne en maturité. Je vois les progrès depuis le début de saison.

L'objectif de Rennes en début de saison était de se qualifier à nouveau pour l'Europe. Mais quand on voit les performances, est-ce que finir 5e et encore en Conference League serait une déception?
Non je ne parlerais pas de déception. L'objectif c'est d'être européen mais on sait que Conference League, Europa League, Ligue des Champions, ça peut basculer vite car tout est très serré en haut. On reste concentré sur ce qu'on fait pour aller le plus haut possible.

Le podium vous n'en parlez pas avec votre groupe?
Franchement non. On ne se projette pas. On est conscient des qualités qu'on a et on s'y tient. A quatre, cinq journées de la fin, on verra si on peut aller gratter plus haut.

Rennes est une équipe qui fait du jeu, une équipe qu'on peut qualifier de spectaculaire par moments. Vous aussi vous la trouvez spectaculaire?
J'aime mon équipe. J'aime la voir jouer, développer le jeu qu'elle fait en ce moment. Ça me plait et ça plait à beaucoup de monde. Les supporters qui sont au stade prennent du plaisir à nous voir jouer et c'est très important. Je m'étais fixé ça à mon arrivée. Je voulais une équipe ambitieuse dans le jeu, spectaculaire, qui marque des buts et gagne des matchs. Aujourd'hui on l'a. Après il faut rester mesuré car c'est très fragile mais j'aime ce que je vois. On essaie de développer un football collectif. J'ai le sentiment qu'il y a une vraie unité dans notre groupe et il faut absolument la garder car c'est notre force pour aller encore plus haut.

Ce qui marque, c'est la qualité des buts souvent très beaux dans la construction comme peu d'équipes savent le faire en Ligue 1. Comment mettez-vous ça en place?
Déjà il faut les bons joueurs pour le faire avec une qualité technique supérieure à la moyenne. Après il faut amener à l'entraînement tous les jours des jeux, des combinaisons qui sont travaillés et après il faut de la générosité, des courses que les joueurs mettent en place. Tous les joueurs - quel que soit leur profil - travaillent pour l'équipe et ils sont récompensés.

C'est la base du foot finalement?
Oui on dit que c'est très dur de jouer simple mais c'est ce qu'on arrive à faire.

Beaucoup de supporters ne se souviennent pas avoir vu Rennes aussi bien jouer. Qu'est-ce que ça vous évoque, vous qui êtes en poste à Rennes depuis moins de deux ans et en première ligne?
Je suis très content d'entendre ça mais je ne m'arrête pas là-dessus car on doit continuer à progresser pour performer. Sur mon cas personnel, est-ce que je fais du bon travail? Je ne me pose pas la question. Je fais partie d'un tout, d'un club, d'un staff. On a tous une part de responsabilité. Je n'en tire pas les fruits mais oui c'est gratifiant de voir qu'on joue peut-être le meilleur football que le Stade Rennais a fait depuis plusieurs années.

La pierre angulaire du projet est bien sûr Bruno Genesio. Il est là depuis un an avec sur cette période, le troisième meilleur bilan en Ligue 1 après Paris et Marseille. Est-ce qu'il vous surprend?
Non! Il ne me surprend parce-que je le connais depuis très longtemps. Quand je le fais venir, j'imagine que ça peut se passer comme ça car à l'origine, c'est un formateur. Il a été joueur professionnel. Il a été dans des staffs techniques depuis plus de 20 ans. Il a côtoyé un grand nombre d'entraineurs avec lesquels il a pioché des expériences, des idées dans la gestion des entrainements et du groupe. Il ne me surprend pas et je suis très content de ce qu'il fait aujourd'hui.

Vous disiez à son arrivée qu'il était le meilleur choix pour le projet du Stade Rennais. Il vous donne raison?
Oui il me donne raison par rapport aux résultats et au contenu de nos matchs. Il a réussi à mettre en place une vraie qualité de jeu petit à petit avec des joueurs différents. Il y a eu des recrues cet été. Ce n'est pas simple de remettre les choses en place mais lui sait le faire parfaitement.

En plus du match à Leicester jeudi - on va y revenir - il y a ce match à Lyon dimanche qui sera particulier pour Bruno Genesio. Ce sera la première fois qu'il revient à l'OL depuis son départ dans les circonstances tendues que l'on connait. Il a toujours le meilleur bilan d'un entraineur sur le banc de Lyon depuis son départ alors qu'il a été tellement décrié (1,91 point par match en Ligue 1 devant Rudi Garcia, Hubert Fournier, Peter Bosz) . Qu'est-ce que ça vous évoque?
(Sourires) Je suis très heureux pour lui car il mérite ce qui lui arrive. Même les résultats qu'il a eus à Lyon ont été très bons. Malheureusement, il a été décrié très rapidement, même quasi immédiatement lorsqu'il a pris l'équipe première. Je trouve que c'est un délit de faciès tout ce qui s'est passé car les résultats étaient là. Il a su remplir les objectifs fixés quasiment à chaque fois.

Est-ce que vous le pensez revanchard pour le match de dimanche?
Non je ne crois pas. Je pense qu'il a simplement envie que le Stade Rennais aille à Lyon en étant sûr de sa force pour aller chercher le meilleur résultat possible. Evidemment, retourner à Lyon, là où on a joué, où on a été formé, où on est né, ce sera particulier mais je ne crois pas qu'il y aura de revanche.

Bruno Genesio a quand même de l'orgueil?
Oui évidemment! On a envie d'aller faire un résultat à Lyon et de par notre classement aujourd'hui, on est en droit de penser qu'on peut le faire. Nous on ira avec beaucoup d'ambition.

Avant il y aura ce déplacement à Leicester en 8e de finale de Conference League. L'un des plus gros morceaux que vous pouviez tirer. Comment vous voyez ce match?
Je suis très content du tirage. Quand on parlait de la Conference League en début de saison, on pensait que c'était une petite Coupe d'Europe et on voit aujourd'hui que Leicester, c'est le champion d'Angleterre il n'y a pas si longtemps (en 2015-2016). Je pense que c'est une chance de se confronter à ce type d'équipe qui est dotée d'un effectif très important, des joueurs de très bonne qualité. Ils sont 12es en championnat mais avec trois matchs en retard dans un championnat qui est très difficile. Ça va être très intéressant. Il y aura du monde au stade, de la pression, du pressing, du contre-pressing, beaucoup de rythme comme font les Anglais mais je pense qu'on est très bien préparé notamment sur le plan athlétique. Je n'ai pas de crainte mais beaucoup d'envie.

Bruno Genesio disait après le tirage "on va y aller pour imposer notre jeu". Vous vous sentez sûr de votre force?
Il n'y a pas d'enflammade de notre part mais ce qu'on montre aujourd'hui à quasiment tous les matchs nous permet de penser qu'on a les capacités pour résister à Leicester. En termes de rivalité et d'intensité, je pense que Rennes peut faire aussi bien qu'eux.

Le Stade Rennais peut aller jusqu'où dans cette Europa Conference League?
Je n'ai pas d'idée particulière mais je sais que quand je rentre dans une compétition, j'ai très envie d'aller au bout. Là évidemment, il y a un très gros morceau qui arrive. On verra ce qui va se passer et si on pourra se projeter vers un objectif encore plus élevé.

Aller au bout d'une Coupe d'Europe, ce n'est pas un discours qu'on entendait jusque-là à Rennes?
On se sent bien dans nos baskets. On se sent bien dans notre football. Ce football que l'on joue peut nous amener vers des choses super intéressantes. Sans penser que l'on peut gagner une Coupe d'Europe ou être champion de France. On joue au jour le jour et on verra ce qui se passe.

Si on revient au jeu collectif, qu'ont en commun les profils des joueurs que vous avez recrutés Meling, Santamaria, Laborde, Majer? Ce ne sont pas des stars mais d'abord des joueurs d'équipe, non?
L'aspect intellectuel et collectif du joueur sur le terrain et en dehors a toujours été déterminant pour moi dans mon recrutement. Le foot est un sport collectif et il faut se fondre là-dedans. Dans ce recrutement l'été dernier, il y a aussi de l'expérience. Santamaria, Meling, Laborde, ce sont des joueurs qui connaissent la Ligue 1 qui peuvent s'intégrer rapidement. C'est différent d'un profil comme Sulemana ou avant lui Doku. Dans une équipe, il faut des profils différents et c'est ce qu'on a. Ça nous sert. On le voit dans le match face à Angers, on arrive à bien jouer offensivement mais c'est avec un joueur différent en l'occurrence Doku qu'on fait la différence. Ces profils à la Doku et Sulemana, on doit les amener à être dans un collectif pour pouvoir performer.

Jérémy Doku est d'ailleurs le joueur de l'effectif qui a le plus ce statut de "star". Il revient de blessure avec succès. Il y a aussi le retour de Flavien Tait en attendant Sulemana. Vous semblez sacrément armés?
Oui et c'est d'ailleurs pour ça qu'on n'a pas fait de mercato au mois de janvier. On s'en tient à notre effectif du mois d'août. Je pense qu'aujourd'hui les retours des blessés vont faire du bien au groupe avec l'envie de travailler tous ensemble.

Un joueur Lovro Majer semble quand même sublimer le collectif par sa présence. On a le sentiment d'un joueur assez rare...
C'est un joueur différent de par ses qualités. Il a une technique très fine. On n'a pas le sentiment d'avoir affaire à un joueur puissant, athlétique mais il a un énorme volume de jeu. Il est capable de mettre du liant entre l'attaque et la défense. Il est créatif. C'est un joueur intelligent qui se fond dans le collectif. Je ne sais pas si c'est un joueur rare mais il est différent des autres (sourire).

Vous avez le sentiment d'avoir fait un gros coup en le signant jusqu'en 2026 ?
Je ne me pose pas la question comme ça. Je suis content que ce joueur qui arrive de Croatie, première fois qu'il quitte son pays, puisse s'intégrer aussi facilement dans un groupe justement car ce groupe permet aux nouveaux de rentrer facilement dans le vestiaire.

Le Stade Rennais est aussi en haut du classement car des grosses équipes de Ligue 1 que l'on attendait ne sont pas au rendez-vous. Vous attendez-vous à voir revenir dans la course Lyon, Lille ou Monaco?
Dans ces clubs, il y a eu beaucoup de changements qui demandent sans doute du temps. Après, ce qui se passe là-bas, ce n'est pas vraiment mon problème. Je m'occupe du Stade Rennais pour continuer à avancer et si on continue comme on le fait, j'espère qu'ils resteront derrière.

Il y a un invité surprise: Strasbourg avec à sa tête un certain... Julien Stephan?
Je ne suis pas vraiment surpris parce que le peu de temps que je l'ai connu ici, je me suis aperçu que c'était un super entraineur. Il a de grosses qualités au niveau des entraînements et du management. C'est un bon entraineur qui sait aussi s'adapter au groupe qu'il a et en tirer la quintessence à chaque fois. Strasbourg fait un très très bon championnat et il le doit forcément à son entraineur.

En signant sa 6e passe décisive lors de la 27e journée, l’attaquant du Stade Rennais Gaëtan Laborde s’est emparé de la huitième place du classement officiel des passeurs de Ligue 1 Uber Eats.
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Connu pour ses qualités de buteur, Gaëtan Laborde sait aussi se muer en passeur. Face à Angers SCO, le troisième meilleur réalisateur du championnat (14 buts) a signé 1 but et 1 passe décisive dans le même match pour la troisième fois de la saison en Ligue 1 Uber Eats. Avec un total de 6 offrandes, il retrouve le Top 10 du classement officiel des passeurs, remontant à la huitième place à trois longueurs du podium.

Dimanche, l’ancien Montpelliérain a démarré par un centre précis du pied gauche pour Benjamin Bourigeaud, avant de battre Danijel Petkovic de près, d’un extérieur du même pied. A cette occasion, il a offert un but à un sixième partenaire différent cette saison après Flavien Tait, Lovro Majer, Lesley Ugochukwu, Martin Terrier et Serhou Guirassy. Avec 14 buts et 6 passes décisives, l’attaquant est le joueur le plus décisif du Stade Rennais cette saison. Sur l’ensemble de sa carrière en Ligue 1 Uber Eats, il totalise désormais 56 buts et 25 passes décisives en 187 apparitions.

En plein milieu du souk à Marrakech, place des épices, Ibrahim Chalgoum affiche dans sa boutique les couleurs du Stade Rennais. Maillots Rouge et Noir, drapeaux bretons et mots divers remplissent son échoppe.

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Drôle de rencontre dans le souk de Marrakech au Maroc. Au beau milieu des boutiques d’épices, de vanneries et de tapis, Ibrahim Chalgoum affiche haut les couleurs de son club de foot favori, sur la place du marché aux épices. Et ce n’est pas le Kawkab de Marrakech, mais le Stade Rennais, à près de 2 500 km de là.

Chez l’herboriste marocain où l’on peut acheter de l’huile d’argan, de l’essence d’orange ou encore du Ras-El-Hannut, les drapeaux Rouge et Noir, maillots de joueurs emplissent les murs de son échoppe. « Je supporte le Stade Rennais, déclare fièrement l’herboriste âgé de 54 ans. Je suis leur actualité. »

Cette passion pour les Rouge et Noir lui est venue d’un ami rennais rencontré il y a plus de dix ans. « Pour une cérémonie de mariage, il m’a envoyé une écharpe Allez Rennes, je l’ai aussitôt affichée dans ma boutique, tenue par mon père depuis plus de soixante-dix ans. » Et l’écharpe a rapidement fait écho. « J’ai plusieurs livres d’or. Quand un Breton ou un fan du Stade Rennais passe devant chez moi, il écrit un petit mot. Et depuis tout ce temps, ça fait du monde. »

Au Roazhon Park en 2014
Depuis 2012, Ibrahim fait la foire de Rennes chaque année. Il collectionne les objets à l’effigie du club. En 2014, grâce à un ami de Montfort-sur-Meu, près de Rennes, le commerçant marocain a pu assister à un match du Stade Rennais au Roazhon Park. « C’était contre Lille en quarts de finale de la Coupe de France. Et grâce au Stade Rennais football-club, je suis allé au milieu du terrain avec le speaker. »

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Depuis, le fan des Rouge et Noir a pu rencontrer lors des foires plusieurs joueurs rennais, comme Ousmane Dembélé ou Benjamin André. Le club rennais est bien mondialement connu.

Non conservé par le Stade Rennais dans sa jeunesse, passé par les divisions inférieures en Ille-et-Vilaine, le Rennais Victor Nirennold réalise une carrière de footballeur professionnel qui lui a permis de jouer sur trois continents différents.

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Né à Rennes au début des années 1990, Victor Nirennold a grandi un ballon entre les pieds. Passé par les équipes de jeunes du Stade Rennais, puis de la TA Rennes, avant de jouer deux ans dans les bas-fonds des divisions de district avec ses amis, aux Cheminots Rennais, le défenseur a pris en main sa carrière au début de sa vingtaine. Une prise de conscience qui lui a permis de devenir footballeur professionnel, et d'exercer sur trois continents différents. Fin janvier 2022, il signe à Motherwell, 4e du championnat écossais, pour un nouveau défi excitant.

Aux USA, des "piges" pour de l'argent de poche
Après le lycée, et un bac ES en poche, Victor Nirennold s'envole pour les Etats-Unis et l'université de Fort Lauderdale, au nord de Miami en Floride. "Je suis un mordu de foot, explique le défenseur. Quand j'étais aux USA, j'étais soit en classe, soit sur un terrain de foot. Je voulais jouer tous les jours. Je me suis retrouvé à jouer pour trois équipes en même temps : le FC Miami, une équipe de la ligue jamaïcaine et une équipe de la ligue mexicaine. Je gagnais 150 dollars par week-end, et ça me faisait mon argent de poche pour la semaine. J'étais sur un visa étudiant, donc je n'avais pas le droit de travailler à proprement parler. Je me débrouillais comme je pouvais entre ça et des cours de français que je donnais à côté."

C'est à ce moment-là que le déclic opère chez le jeune homme : "J'allais obtenir mon diplôme et il fallait que je commence à chercher un boulot. Je ne me sentais pas prêt, et je sentais que j'allais laisser passer l'opportunité d'être joueur professionnel. Et c'est là que j'ai eu la chance de signer mon premier contrat pro à 24 ans." Un déclic salvateur pour un joueur talentueux mais souvent considéré comme peu travailleur lors de ses jeunes années rennaises.

La League One anglaise pour débuter
Par chance, un agent tombe sur une compilation de ses meilleures actions dans ses matchs aux Etats-Unis, et l'envoie à des clubs des divisions inférieures en Angleterre. Le club de Fleetwood, qui évolue en League One (la troisième division anglaise) lui propose un essai de deux semaines, jugé concluant, qui lui permet de signer ce premier contrat professionnel. "C'est un petit club familial de troisième division, détaille Victor Nirennold. Mais c'est un club très bien organisé, qui a des moyens. On est le plus petit stade de la Ligue mais c'est déjà 6000 personnes."

 Au départ, il lui faut s'adapter au professionnalisme : "Au début j'ai du mal à m'adapter au rythme professionnel. Mon corps souffre, je me blesse rapidement, c'était beaucoup trop intensif pour moi, je n'avais jamais vraiment fait de musculation avant. Pareil pour la nourriture, avant Fleetwood je n'avais jamais remarqué à quel point c'était important de bien s'alimenter pour performer. Même le public, je n'avais jamais vu autant de monde, ça m'a pris six mois pour m'adapter. Il y a aussi les réseaux sociaux, tu vois tous les commentaires négatifs quand tu as fait une mauvaise prestation, et tu y penses à deux fois avant d'y retourner le match d'après." Lors de son premier contrat, le défenseur polyvalent touche environ 2500€ par mois, hors primes de matchs.

A l'inverse, le Rennais s'adapte assez naturellement à la vie sur place, bien aidé par la présence sur place de son ami rencontré à Rennes Vincent Dorel, originaire de Châteaugiron et gardien de but à Fleetwood à l'époque. Dans la station balnéaire du nord-ouest de l'Angleterre, il rencontre sa future épouse, avec qui il attend aujourd'hui un deuxième enfant. Côté sportif, avec Fleetwood, il disputera les barrages d'accession pour le Championship lors de la saison 2016/2017, et rencontre en match amical le Liverpool de Sadio Mané et Roberto Firminio en juillet 2016.

Court passage en Slovaquie, avant de mettre le cap vers l'Asie du sud-est
Mais lors de la saison 2017/2018, Victor Nirennold se brouille avec le coach : "Il décide de m'envoyer en équipe réserve. Je fais six mois avec eux, je suis prêté (à Guiseley, NDLR) et ça m'allait parce que je voulais jouer. Mon objectif quand j'étais en Angleterre c'était d'aller en 2e division (le Championship, NDLR). J'ai eu des offres mais seulement de 3e division, et du coup je me suis dit que j'allais essayer quelque chose d'autre." Il signe au FK Senica en première division slovaque : "En Slovaquie, tu as beaucoup d'exposition, tu as pas mal de joueurs qui signent après en Italie."

Au départ, le Breton est conquis, avant de déchanter rapidement : "Sur le papier, quand tu parles au directeur sportif, au coach, le projet est super... Mais ils ne payaient pas les salaires à l'heure tout simplement. Malheureusement, il y a énormément de clubs comme ça dans les pays de l'Est. Dans les clubs phares de la Ligue, il n'y a aucun souci. Mais dans les autres... Quand j'étais en Slovaquie, 90% des clubs étaient en retard sur le versement des salaires des joueurs. Pour moi c'était en moyenne trois mois de retard. Du coup j'ai "coupé" mon contrat et je suis parti. Le problème c'est que les joueurs locaux ne peuvent rien dire sinon ils sont blacklistés. C'est problématique parce qu'on ne te dit rien avant, les structures et le niveau sont supers, mais sans salaire, forcément, ce n'est pas intéressant." Il quitte le pays après six mois seulement.

Au Vietnam, sur notre terrain d'entraînement, parfois il y avait des serpents sur la pelouse ! C'est ma phobie, la première fois j'ai flippé. Les joueurs locaux couraient après les serpents, ils les attrapaient à main nue, et ils les jetaient hors du terrain. C'était fou !

Sans club, il se remémore une discussion partagée avec son épouse après des vacances au Vietnam : "On avait adoré la vie sur place. Je lui avais dit que si un jour j'avais l'opportunité de jouer ici, on viendrait vivre au Vietnam. Elle se moquait un peu de moi, en me disant "ramène le contrat et on verra". Le contrat est arrivé, et on est partis là-bas tout simplement." Grâce à son agent, il s'engage avec le Đà Nẵng Club, qui évolue dans l'élite du foot vietnamien.

"Ils étaient en retard sur tout, niveau foot, niveau infrastructures... J'ai joué en DH à la TA Rennes et franchement le niveau étaient meilleur qu'au Vietnam, se remémore le défenseur. On a un contrat pro, mais c'est du foot amateur, tout simplement. Mais les stades sont pleins, il y a des stades de 20, 30, 40 000 personnes ! Et les fans chantent tout le temps, ils t'encouragent, dans les bons comme dans les mauvais moments."

Et cette aventure vietnamienne lui a valu une anecdote complètement folle : "Au Vietnam, sur notre terrain d'entraînement, parfois il y avait des serpents sur la pelouse ! C'est ma phobie, la première fois j'ai flippé. Les joueurs locaux couraient après les serpents, ils les attrapaient à main nue, et ils les jetaient hors du terrain. C'était fou ! La première fois que j'ai vu ça, je m'étais dit que c'était sans doute juste une fois, mais en fait non, ça arrivait quasiment une fois par semaine." Après une saison au Vietnam, Victor Nirennold met le cap au sud, direction la Malaisie où il signe pour le club de l'UITM FC.

Deux saisons en Malaisie avant de signer à Motherwell, en Ecosse, en janvier dernier
Là-bas, le Rennais s'éclate : il est nommé parmi les meilleurs défenseurs du championnat, il intègre à plusieurs reprises l'équipe-type de la semaine et porte le brassard de capitaine régulièrement. De tous ces voyages, le trentenaire garde des souvenirs marqués au fer rouge, et des leçons de vie : "Tu te rends compte que tu es un privilégié, ça t'ouvre les yeux. En Asie du sud-est, tu vois beaucoup plus de pauvreté qu'en Europe, tu deviens conscient du privilège que tu as de bien vivre de ta passion. Et je sais que foot ou pas foot, je continuerai à voyager après ma carrière." Mais après deux ans en Malaisie, son épouse a le mal du pays et la famille repart vivre en Angleterre à la fin de l'année 2021.

De retour au Royaume-Uni, Victor Nirennold passe un coup de fil à son ancien coach à Fleetwood Town, Graham Alexander, qui dirige aujourd'hui Motherwell en première division écossaise : "Il m'a dit qu'il était intéressé, et il me propose de venir à l'essai une semaine en janvier. J'y suis allé, ça s'est bien passé, et j'ai signé jusqu'à la fin de saison." Le club est en lice pour disputer les play-offs et pourquoi pas jouer des barrages de coupe d'Europe l'été prochain. Pour Victor Nirennold, l'avenir footballistique est incertain, puisque son contrat se termine en juin. Mais le Rennais ne se fait pas de soucis, il veut d'abord retrouver le rythme avant de penser à la suite. Et à son prochain voyage.

Grande promesse du football français mais victime de débuts plus que contrastés dans le monde professionnel, marqués notamment par deux graves blessures aux ligaments croisés, Rafik Guitane (22 ans) s'épanouit pleinement au CS Marítimo, où il est prêté pour la deuxième saison consécutive après un passage délicat au Stade Rennais. Officiellement transféré au Stade de Reims, cet été, et prêté dans la foulée par les Champenois sur l'île de Madère, le milieu offensif, élu à quatre reprises homme du match au cours des dernières semaines, semble aujourd'hui retrouver son plein potentiel. Doté d'une belle vision du jeu, armé d’un mental d’acier et fort d'une technique au-dessus de la moyenne, celui qui a fait ses débuts aux côtés de Dayot Upamecano ou encore Ousmane Dembélé s'apprête désormais à rejoindre la Ligue 1 avec l'ambition de démontrer, enfin, toute l'étendue de son talent. Entretien.
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Foot Mercato : bonjour Rafik, avant de parler de votre actualité, revenons sur votre parcours. Vous débutez à Évreux avant de rejoindre le Havre, pouvez-vous nous raconter vos débuts en Normandie ?

Rafik Guitane : mes premiers pas dans le football se sont effectués à Évreux, principalement à la Madeleine, j’étais entouré de Dayot Upamecano, Ousmane Dembélé, tous ces talents que l’on connaît aujourd’hui. De mon côté, j’ai commencé très tôt et j’ai gravi les échelons progressivement à Évreux et globalement tout s’est très bien passé là-bas. Avec tous ces joueurs, je prenais du plaisir, on prenait du plaisir au début et c’est là qu’on s’est mis à être encore un peu plus sérieux. Quand je dis plus sérieux, c’est de jouer encore et encore au football, à des moments où on devait se reposer ou se consacrer à l’école, nous on sortait pour aller jouer au foot...

FM : vous parlez d’Ousmane Dembélé, actuellement au Barça, mais plus globalement d’une génération, justement quelles sont vos relations avec elle ?

RG : aujourd’hui, je continue d’entretenir des relations avec ces joueurs que j’ai côtoyés à Évreux, on se parle quasiment tous les jours, les relations sont très bonnes. Si on regarde Ousmane Dembélé, déjà à nos débuts, on savait de quoi il était capable donc on est les plus heureux à le voir là où il est aujourd’hui et on espère tout le bonheur pour lui.

FM : pour revenir sur vos débuts, après Évreux, comment s’est faite votre arrivée au HAC ? Qu’est-ce que ça fait de signer son premier contrat professionnel dans un club qui a vu passer des joueurs comme Pogba, Mahrez… etc ?

RG : le passage d’Évreux au Havre.. Je suis arrivé au Havre à 12 ans et franchement c'était un peu difficile parce que du coup je me suis retrouvé éloigné de ma famille, mais vu que je suis arrivé très jeune, on arrive assez rapidement à se faire des amis et après forcément c’est beaucoup mieux, ça facilite les choses. Et puis j’ai eu ce soutien familial aussi, car je pars du coup à 1h45 d’Évreux, mais mon père me dit qu’il va être souvent là, que je vais souvent rentrer donc ça facilite aussi la réflexion et je décide d’y aller.

FM : j’ai lu d’ailleurs que le club n’était pas forcément disposé à vous offrir ce contrat au départ, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

RG : oui c’est vrai, il me trouvait encore un peu trop jeune et ce que je peux comprendre totalement, la principale raison était là, pas assez forgé… En fait, j’avais joué qu’en U17 et en U19 et je n’avais pas fait d’année en CFA, mais pour eux il fallait faire ce passage en CFA avant de pouvoir prétendre signer un premier contrat professionnel. 

FM : vous débutez malgré tout très jeune (17 ans) avec le groupe pro du Havre, tout le monde vous décrit comme quelqu’un de spécial. Premièrement comment gérer toutes ces attentes environnantes ?

RG : c’est forcement flatteur, toutes ces attentes, ça fait plaisir, mais après c’est là aussi où il faut savoir garder la tête sur les épaules, ne pas se prendre pour quelqu’un d’autre. Après ça s’explique aussi par le fait qu’à cette époque on me connaissait déjà via les classes jeunes de l’équipe de France que ce soit en U17, U18 ou U19. Mais oui évidemment que ça fait plaisir, après c’est une forme de pression et avec ces attentes, faut pas forcément vouloir faire tout bien à tout prix. Il y a une trajectoire, tout n’est pas possible d’entrée de jeu.

FM : malheureusement dans la continuité, on va devoir en parler, mais vous connaissez un coup dur avec cette première grosse blessure et une rupture des ligaments croisés du genou gauche ? Dans quel état d’esprit est-on à ce moment-là ? Et comment revient-on à son meilleur niveau ?

RG : ce n’était vraiment pas facile à vivre, d’autant plus que c’était ma première année professionnelle et jusqu’à ce moment-là je n’avais pas connu de blessure. A cet âge-là, tout allait bien sur le plan physique et même avant. Je n’avais jamais connu trop de blessures, donc mon premier ressenti est que j’allais m’en remettre assez rapidement, mais je ne savais pas que ça allait être aussi difficile. C’est une blessure qui est arrivée au cours d’un entraînement, j’étais avec les pros du Havre à ce moment-là et ils m’ont demandé de revenir aider les U19 pour un match de Gambardella et c’est sur un entraînement, la veille du match que je me fais ça... Après je dois dire aussi que dans ces moments difficiles, j’ai reçu l’aide de ma famille, de mes amis, du club et ça m’a aidé à bien revenir.

«Avec Marítimo ? Je joue, j’ai cette confiance du club et je peux enchaîner !»

FM : c’est d’ailleurs un coup dur qui ne vous freine pas forcément dans votre progression, parce que derrière vous terminez très bien la saison au Havre avec notamment deux buts et deux passes décisives et ensuite Rennes vous recrute pour près de 10M€...

RG : oui c’est vrai et très sincèrement cette première blessure aux ligaments croisés, je trouve que ça m’a aguerri physiquement, à la suite de ce coup dur, je suis devenu plus solide physiquement, sur les contacts je tenais plus et au final c’est bizarre à dire, mais je trouve que ce premier pépin physique m’a beaucoup aidé dans ma trajectoire de footballeur. On entend toujours autour de nous des personnes qui disent : « ouais c’est très compliqué de revenir d’une blessure aux ligaments croisés », il y a d’ailleurs plein de gros talents qui ne sont jamais vraiment revenus d’une telle blessure, donc oui j’appréhendais un peu, mais je savais aussi qu’en travaillant, il n’y avait pas de risque que mon football ne revienne pas.

FM : dans la foulée, vous vous engagez donc à Rennes pour ce qui est, au regard de votre très jeune âge un gros transfert, globalement que gardez-vous de cette expérience avec le club breton ?

RG : ce passage au Stade Rennais est là aussi fait de hauts et de bas avec encore une blessure aux ligaments croisés… c’était ma première année à Rennes et celle-là a été vraiment difficile pour moi. Après j’ai également été soutenu, j’ai rencontré des personnes merveilleuses qui m’ont beaucoup aidé dans ces nouveaux moments difficiles. Mais mentalement, c’était vraiment, mais vraiment compliqué parce que je savais déjà que les ligaments ça reste difficile pour s’en sortir et là de se les faire une deuxième fois, j’ai directement pensé à tout ce que j’allais devoir refaire pour encore revenir et sincèrement, ça m’a mis une claque.

FM : un début de carrière chaotique avec ceux deux graves blessures et derrière un prêt au Portugal. Pourquoi ce choix de partir de Rennes ?

RG : le Maritimo déjà m’a montré beaucoup d’intérêt, mais il y a aussi mon club à l’époque, Rennes, qui voulait que j’aille acquérir de l’expérience ailleurs et de ce fait les choses se sont faites très naturellement, les dirigeants au Portugal ont contacté Rennes, tout s’est très bien passé dans les négociations et moi j’ai directement accepté ce nouveau challenge.

FM : vous avez aujourd’hui 22 ans seulement, considéré comme un crack dès vos débuts et vous revenez de deux blessures graves qui ont logiquement retardé votre progression, comment gérez-vous ça ? Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

RG : la première chose, c’est que quand on revient de deux blessures comme j’ai subi, ça forge le mental. Avec ces deux blessures, j’ai beaucoup appris et maintenant je me sers aussi de ça et je pense que ça va me servir pour la suite de ma carrière.

FM : depuis quelque temps, vous retrouvez vos sensations avec Maritimo. Vous sortez d’une saison pleine avec eux et Reims, qui vient de vous recruter, vous a de nouveau prêté dans ce club, pouvez-vous nous parler de ce championnat portugais ? Comment vous vous sentez dans cet effectif ?

RG : au début quand je suis arrivé à Maritimo, ce n’était pas évident, c’était un peu difficile, déjà par rapport à la langue et puis même par rapport à cette culture, à une mentalité qu’on découvre, qu’on ne connait pas trop, il faut trouver ses propres repères. Donc la première année ici je vais dire que c’était plutôt une année d’adaptation, mais cette seconde année sur le plan personnel, elle se passe plutôt bien. Après pour revenir sur le championnat portugais, c’est un championnat avec beaucoup de qualités techniques, physiques, très physiques même et puis ça reste une ligue ouverte où tout le monde peut battre tout le monde. Sur le plan sportif après à titre personnel, au début ça ne s’est pas bien passé, mais le changement d’entraîneur (Vasco Seabra a été nommé le 13 novembre dernier pour remplacer Julio Velazquez, ndlr) a aussi changé les choses pour moi et pour le groupe. Maintenant je joue, j’ai cette confiance et je peux enchaîner et oui ça se passe très bien.

FM : justement à ce sujet, quelles sont les consignes de votre coach à votre égard ?

RG : j’ai cette liberté, le coach me demande de jouer comme je sais le faire. J’ai aussi eu ce repositionnement dans le couloir droit par rapport au nouveau dispositif mis en place par notre entraîneur (4-2-3-1, ndlr) et j’ai bien réussi à m’intégrer à ce nouveau système tactique.

FM : dans cette optique, 3 buts et 1 passe décisive depuis le début de la saison, Maritimo est 8e du championnat, comment jugez-vous vos performances individuelles et collectives ?

RG : déjà pour parler du plan collectif et de nos performances, je trouve qu’on a bien réagi par rapport à notre début de saison, car on a vraiment un groupe de qualité, mais au départ, on n'arrivait pas forcément à bien jouer ensemble, mais là depuis un certain temps on arrive à trouver cette alchimie et ça se traduit au niveau des résultats. Je pense que l’ambition du club de toute façon au départ c’était de ne pas descendre, en première partie de saison on était quand même dans les derniers (Maritimo était encore avant-dernier du championnat en novembre denier, ndlr), mais après oui il y a un grand écart entre nous et les 4/5 premiers donc l’objectif va être de finir au mieux et on fera les comptes à la fin. Après sur le plan individuel, au niveau des statistiques j’essaie de marquer ou de faire des passes décisives (rires), au maximum. Au départ, les statistiques n’étaient pas forcément quelque chose qui comptait pour moi, mais plus j’avance dans ma carrière et plus je prends cette dimension en compte, c’est devenu quelque chose d’important pour un joueur offensif. 

«Avec Reims ? Je veux prouver aux gens autour de moi ce que je suis capable de faire !»

FM : comment expliquez-vous d’ailleurs ce renouveau affiché entre la première partie de saison et la dynamique récente ?

RG : depuis que le nouveau coach est arrivé, il y a une nouvelle dynamique, le groupe est plus conquérant à l’entraînement, plus conquérant en match, il y a ce nouvel élan.

FM : pouvez-vous nous expliquer le choix du Stade de Reims que vous allez définitivement rejoindre à l’issue de la saison ?

RG : c’est un club qui m’a fait confiance, il m’a montré son intérêt et je suis très content d’avoir signé chez eux, je ferai tout mon possible pour être à mon meilleur niveau et leur redonner cette confiance qu’ils m’ont accordée.

FM : qu’attendez-vous de ce nouveau challenge ?

RG : je sais que je n’ai jamais vraiment gouté à la Ligue 1 (il compte deux petites apparitions avec Rennes, ndlr) donc il y a aussi cette envie de fouler les pelouses de ce championnat, de faire tout mon possible pour aider le club et de prouver aux gens autour de moi ce que je suis capable de faire.

FM : la Ligue 1 justement va vous découvrir. En tant que joueur, comment vous décririez-vous sur un terrain ? Quel est votre profil ?

RG : au niveau de mon profil, je me considère comme un joueur capable de se projeter rapidement vers l’avant. J’ai une bonne qualité technique après même si j’ai déjà commencé à le faire, je pense que je dois encore progresser au niveau physique, cette capacité à résister quand je suis au duel, de tenir le choc dans le contact. Pour le reste, je sais aussi que j’ai une bonne vision du jeu.

«Le tirage de la Ligue Europa ? Que ce soit pour Lyon comme pour Monaco, c’est du 50/50 pour moi.»

FM : vous avez déjà un long parcours, mais vous êtes encore très jeune, quelles sont vos ambitions personnelles pour la suite de votre carrière ?

RG : très sincèrement j’essaie, au quotidien, de ne pas trop me fixer de limites, là dans un avenir proche je vais intégrer un nouveau club, avec un nouveau coach, de nouveaux dirigeants, d’autres ambitions et une philosophie de jeu. Je vais essayer de m’adapter au mieux à tout ça et surtout de montrer à tout le monde ce que je suis capable d’apporter, montrer ce que je sais faire, de quoi je suis capable. C’est mon premier objectif, de réunir tout ça, de mettre toutes les chances de mon côté pour montrer à la Ligue 1 ce que je peux faire.

FM : de vos débuts à Évreux à ce transfert à Reims en passant par ces deux blessures, quelle vision cela vous donne-t-il du football, de votre carrière ? Avez-vous un conseil à donner aux jeunes qui débutent vu ce parcours qui résume concrètement les hauts et les bas de la vie d’un footballeur ?

RG : mon conseil est de travailler au maximum, je le sais maintenant, même avec le talent, le talent sans le travail ça ne fonctionne pas et ça d’ailleurs je l’ai compris assez tardivement, mais heureusement que j’ai fini par le comprendre. Le déclic à ce niveau-là, je pense que c’était lors de ma deuxième blessure. Tu reprends tout sur l’hygiène de vie, sur ton implication à la salle, comment bien dormir, comment bien s’hydrater, c’est un ensemble. L’idée c’est ça, prendre soin de son corps, car pour moi, c’est mon outil de travail.

FM : le tirage au sort de la Ligue Europa a réservé deux clients de taille pour Monaco (Porto) et Lyon (Braga), deux formations que vous connaissez bien. Pouvez-vous nous en dire plus sur leurs forces et leurs faiblesses ?

RG : ouais j’ai vu ça, on m’en a parlé d’ailleurs quand j’étais à l’entraînement aujourd’hui (jeudi 3 mars, ndlr). D’abord pour Monaco, c’est Porto, on connaît tous Porto, ce qu’ils sont capables de faire, c’est un grand du Portugal voire un grand d’Europe, en tout cas pour moi c’est l’adversaire le plus fort de notre championnat avec un mélange entre des joueurs très talentueux et des joueurs très expérimentés, ça manie très bien le ballon, collectivement c’est en place et c’est très efficace. Et concernant Braga, pour moi c’est l’équipe la plus sous-cotée du championnat, peut être pas du championnat, mais en tout cas du top 4, top 5. Sous-coté dans le sens où je pense sincèrement qu’ils peuvent aller titiller des équipes comme Porto, Benfica ou le Sporting. C’est mon opinion, mais la principale faiblesse de Braga, c’est qu’il y a un manque de régularité dans ce club. Je m’explique, mais par exemple, ils peuvent battre Benfica et le match d’après perdre contre le dernier ou l’avant-dernier, mais franchement c’est une équipe qui ne refusera jamais le jeu, elle joue au football, elle joue au ballon, peut-être même plus que Porto et de manière générale ils ont de vrais bons joueurs, il y a de la qualité donc il faudra faire très attention à Braga. Que ce soit pour Lyon comme pour Monaco, c’est du 50/50 pour moi.

FM : pour conclure, qu’est ce qu’on peut vous souhaiter pour votre fin de saison et cette nouvelle aventure qui va débuter au Stade de Reims ?

RG : comme je le disais auparavant, cette fin de saison on va se concentrer sur nos résultats et j’espère qu’on pourra finir le plus haut possible au classement après pour la saison prochaine. Qu’est ce qu’on peut me souhaiter, qu’est ce qu’on peut espérer (hésitation) ? Pas de blessure ça serait très très bien déjà, pas de blessure... (rires)

Diffuseur de la Ligue 1 depuis cet été, Amazon a sauté sur l’occasion de récupérer des droits TV à un prix extrêmement abordable.

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Pour rappel, Amazon a récupéré les droits TV de la Ligue 1 laissés vacants par Mediapro, ce qui permet au géant du e-commerce américain de diffuser huit matchs du championnat de France par journée en payant moins cher que Canal +, qui ne diffuse de son côté… que deux matchs. L’opportunité était trop belle pour Amazon, mais le choix de la LFP de confier les droits TV laissés vacants par Mediapro à Amazon pour un prix réduit a logiquement mis Canal + en rogne. Et en se fâchant avec son diffuseur historique, la Ligue de Football Professionnel présidée par Vincent Labrune a commis une grave erreur selon le spécialiste Pierre Maes.

Amazon jusqu'en 2024... et ensuite ?

« Je pense que la Ligue a fait une énorme erreur en acceptant de voir Amazon payer le tiers de ce que payait Mediapro et de, parallèlement, se fâcher avec ses deux autres clients, à savoir Canal+ et Free » a analysé le spécialiste des droits TV sur l’antenne de RMC avant de poursuivre. « Après voilà, on a acté une diminution de moitié des droits mais maintenant qu'est-ce qu'il va se passer pour l'après 2024 ? Tout le monde dit à l'international qu'Amazon est extrêmement opportuniste. Ils ont acheté les droits car ils n'étaient pas chers. Il faut savoir qu'Amazon en France, c'est le seul pays où ils font une activité de télévision en péage. Partout ailleurs où ils achètent du sport, il est intégré dans Amazon Prime sans devoir payer un supplément. Par exemple, ils ont un soir de Ligue des Champions en Allemagne ou en Italie et avec ton abonnement Prime à 5 ou 6€ par mois, vous y avez le droit. En France, c'est le seul pays où on doit payer » a-t-il analysé, en se posant un certain nombre de question sur l’avenir des droits TV de la Ligue 1 à l’horizon 2024, lorsque ceux-ci seront remis en jeu.

Après plusieurs semaines d’échanges, l’Assemblée nationale a définitivement adopté le 24 février la proposition de loi visant à démocratiser le sport en France. Parmi les mesures votées, la possibilité d’étirer le premier contrat pro jusqu’à cinq ans contre trois auparavant. Les clubs attendaient cela avec impatience, mais est-ce la recette miracle pour accroître la compétitivité de la Ligue des talents ?

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En France, l’écran de fumée du premier contrat pro de 5 ans
Qui n’a jamais voulu protéger son bébé le plus longtemps possible ? C’est l’objectif premier de Cédric Roussel, député LREM des Alpes-Maritimes, « pas footballeur, mais comme beaucoup de Français j’ai un vrai intérêt pour le sport qui n’est pas uniquement un bien commun ou commercial » . Son amendement, relatif à la possibilité d’étirer jusqu’à cinq ans la durée du premier contrat pro (à partir de 18 ans), était l’une des priorités de cette loi visant à démocratiser le sport. « Jusqu’alors, la loi figeait la discussion à trois ans maximum. Mais j’ai pu aller voir à l’étranger comment ça se passait, au Bayern Munich, au Real Madrid, à l’AS Roma. Là-bas, ça va jusqu’à 5-6 ans pour ce premier contrat. » Comprenez que la France ne jouerait pas dans la même cour que les écuries du big five européen et qu’in fine, « on doit revenir à une logique sportive, appuie Cédric Roussel. On veut des jeunes talents qui évoluent le plus longtemps possible sur les terrains de Ligue 1. »

La démarche est louable. « Sur le fond, je suis d’accord, estime l’agent de joueurs Thomas Buanec, mais ça pouvait fonctionner comme ça en 1982 » , plus aujourd'hui. « À l’époque, les jeunes restaient le plus longtemps possible dans leur club formateur. Le vrai élément important, c’est l’absence de clause libératoire. Le joueur se sent beaucoup plus prisonnier de son contrat en France qu’à l’étranger. » L’agent éclaire son discours : « Si un joueur est sûr d’avoir un club capable de payer les indemnités de formation, il va peut-être préférer partir à l’étranger pour signer seulement trois ans ou moins, pour avoir le sentiment d’être moins bloqué s’il explose. À l’étranger, on peut signer pour cinq ans avec une clause à deux millions pour les deux premières années par exemple, ce qui est interdit en France. »
Tu me fais tourner la tête...

Au fond, « l’intérêt est pour les clubs de verrouiller les joueurs le plus longtemps possible, mais je pense aussi que ça va faire tourner les têtes parce que beaucoup de jeunes joueurs qui ont signé un contrat pro par anticipation n’ont jamais joué pro ensuite. Attention à faire les choses étape par étape, pour que les jeunes puissent se structurer. Je trouve assez fou de mettre cinq ans sur la table de suite. » Cela n’aurait pas forcément chagriné Franck Triqueneaux, ex-formateur de Valenciennes, qui n’a pas oublié le départ d’Arthur Masuaku à l’Olympiakos, à l’été 2014. À l’époque, le défenseur ne paraphe qu’un contrat d’un an pour son arrivée dans la cour des grands. « Il flambe avec Daniel Sanchez, qui n’avait pas voulu le faire signer trois ans et derrière il file en Grèce pendant qu’on ne touche presque rien, rejoue, un brin amer, son formateur. Les clubs qui font signer ce type de contrat, c’est une aberration complète, parfois le garçon a besoin de plus de temps pour s’affirmer dans le milieu pro. S’il ne le fait pas sur sa première année, on a parfois tendance à le condamner et à le libérer. Et après, on se rend compte qu’il réussit ailleurs. » Franck Triqueneaux admet « qu’avec cinq ans pour percer, le joueur n’aura pas le couteau sous la gorge, même s’il faudra être très convaincant pour faire signer sur une si longue durée » . « Certaines personnes refuseront de le faire, abonde Thomas Buanec. Ceux qui ont un très grand potentiel ne le feront pas. Si on pouvait mettre une clause libératoire, d'accord. Mais il y a déjà une grosse difficulté pour faire parfois signer un premier contrat pro, il ne serait pas tenable de basculer sur cinq ans... »

L'amour dure trois ans ou cinq ans ?
Comme si, au fond, aucune durée idéale de ce premier contrat – au détriment parfois de ceux stagiaires qui finissent par disparaître – ne pouvait exister. « Il n’y a pas de durée parfaite, jure Thomas Buanec. Et quand on nous parle du contrat d’un an, il ne faut pas oublier qu’en réalité, le club a une option de deux années supplémentaires qu’il peut activer au 1er janvier qui suit, même s’il y a un quota (deux contrats de ce type par club, NDLR). » Si le député Roussel affirme que « certains clubs français, notamment ceux frontaliers comme Strasbourg, ont expliqué être démunis face à leurs voisins allemands » , l’UNFP freine des quatre fers sur l’amendement. En 2018, le syndicat des joueurs pros avait brandi la menace de grève quand le sujet était arrivé sur la table, craignant aussi l’absence de revalorisation salariale si le joueur venait à éclore durant ces cinq années. Cédric Roussel explique n’avoir eu « aucun retour » de l’UNFP pendant que Philippe Piat, coprésident du syndicat, entend surtout « tordre le cou à ces idées que les joueurs sont pillés par les étrangers. Sur les quatre dernières saisons, les clubs français ont perdu 0,05 % de joueurs en Ligue 1 et 0,06 en Ligue 2 qui n’ont pas signé leur premier contrat à 18 ans pour aller ailleurs. C’est une excuse pour ce projet de loi. »

Un autre agent sollicité argue que « l’UNFP ne pige rien et pense surtout au pognon pour les joueurs » . Au fond, peu importe la durée du premier contrat, « c’est surtout le marché qui dicte la loi » , relance Franck Triqueneaux, qui n’a pas oublié le départ précoce de Dayot Upamecano au Red Bull Salzbourg dans l’idée de « combler les trous » . Avant de poursuivre : « Après deux ans de Covid et au vu du contexte, on peut quand même s’interroger sur cette mesure. Aujourd’hui, les clubs sont en difficulté financière. Ismaël Doukouré a été vendu (à Strasbourg) non pas pour faire de l’argent, mais pour boucher un trou. Pour le club qui n’a pas d’obligation de vendre, ok c’est gagnant-gagnant. Mais là, que le joueur parte après quinze matchs, qu’il ait trois ou cinq ans de contrat, ça ne rapportera rien de plus. Certains vont s’imaginer une hausse des prix des transferts à cause d’un contrat longue durée, mais ça ne marche pas comme ça. » D’autant que « si un joueur a envie de partir, il fera en sorte de partir » .

L'élection présidentielle retardera l'échéance
Thomas Buanec raisonne foot, « mais la loi est-elle pensée pour le foot seulement ? Je ne pense pas. » La durée n’est pas la seule unité à prendre en compte, le projet sportif aussi : « Il y a actuellement un vrai manque de visibilité pour certains joueurs, d’après Cédric Roussel. Là, avec cinq années signées, même si on peut imaginer des clauses de revoyure, il sentira que son club le veut. » Franck Triqueneaux insiste : « Pour ces cinq années, il faut que le club ait envie de s’appuyer sur ses jeunes, ce qui n’est pas le cas partout. On trouvera toujours des excuses pour dire que cinq ans, c’est trop. » L’UNFP débroussaille de son côté une piste : « Si à la fin des trois premières années, le temps de jeu est conforme à ce qui était prévu avec le club, le joueur peut se voir obliger de rester un an de plus, mais lui aussi peut exiger une année supplémentaire par le club, c’est réciproque, explique Philippe Piat. Dans le règlement qu’on veut mettre en place, on va changer les minimums de salaire de ceux qui vont signer ce 3+1+1. » Le pire, c’est que cette notion des cinq années n’est même pas sûre de voir le jour... « Nous avons posé le sujet et ouvert le débat, conclut Cédric Roussel. Maintenant, c’est aux pouvoirs publics et aux instances d’entériner un accord collectif. Ça peut aboutir ou non, l’évolution dépendra d’eux, et le décret fixera les limites. » Mais d’ici avril, il faudra passer aux urnes pour l’élection présidentielle et « il ne faut pas se leurrer, avec ces élections, on ne sait pas qui sera là dans quelques semaines. Plusieurs mois seront encore nécessaires, c’est évident » .

Jérémy Doku, le virevoltant ailier du Stade Rennais, a fait son retour à la compétition à Montpellier la semaine dernière. Présent en conférence de presse ce vendredi, il a expliqué avoir changé des choses dans son quotidien pour ne plus être blessé.

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Jérémy Doku est de retour à la compétition. La semaine dernière à Montpellier, lors du succès du Stade Rennais (2-4), l’ailier est entré en jeu en fin de match pour son plus grand plaisir. Ce vendredi, il s’est présenté face à la presse.

Racontez-nous ce retour à la compétition Jérémy

Je me suis bien senti, car ça faisait déjà un petit moment que je n’avais pas été sur le terrain. Ça faisait du bien de faire partie du groupe et de rentrer pour quelques minutes.

Comment avez-vous vécu cette période de blessure ?

J’ai vécu une période très difficile mentalement. Le plus dur désormais, c’est de revenir plus fort. J’ai travaillé pour ça. Je suis très content d’être de retour en tout cas, je dois continuer avec les bonnes habitudes pour rester le plus longtemps possible avec ce groupe.

Vous n’avez plus d’appréhension sur la jambe droite ?

Je suis très confiant. À Montpellier, la première fois que j’ai touché la balle, j’ai directement essayé d’apporter un truc. Je me suis montré très confiant et ça montre que je me sens à 100 % fit.

Ne vous-êtes pas senti en marge du groupe parfois ?

On a un groupe très familial, on s’aime tous, on rigole tous ensemble. Quand tu es blessé, tu n’es pas sur le terrain, mais on se parle, on se voit tous les jours. Je suis resté avec eux.

"Je pense pouvoir apporter de la vitesse, de la percussion"

Comment avez-vous géré la rechute ?

Je ne me suis pas préparé à ça. C’est venu d’un coup et quand on enchaîne deux, trois blessures, c’est très difficile mentalement, parce que ce qu’on aime faire, c’est jouer au foot. Pour éviter ça, il fallait peut-être changer quelques habitudes : dormir plus tôt, manger autrement… J’ai essayé de tout changer. Peut-être que je ne faisais pas aussi attention avant que je le fais maintenant.

C’est une réflexion qui est venue du club ?

C’est le club, mais moi aussi je me suis remis en question. Je me suis dit : « Qu’est-ce que je peux faire pour éviter ça ? » Blessé une fois, ok, mais deux ou trois fois, non. Le foot commence très jeune maintenant, c’est compliqué de gérer ça, mais si tu veux jouer au foot de très haut niveau, il faut le faire.

Avez-vous eu le temps d’apprécier les matches de vos coéquipiers ?

Pendant ma blessure, j’ai vu de très beaux matches. Ça fait plaisir de voir notre équipe grandir comme ça. On devient de plus en plus fort. Contre Montpellier, on a su gagner après qu’ils soient revenus à 2-2, on n’aurait peut-être pas réagi comme ça il y a quelques mois.

Que pensez-vous apporter en fin de saison ?

J’ai manqué une grosse partie de la saison, c’était dur, je vais essayer d’apporter un truc à l’équipe maintenant. Je suis dans cet état d’esprit là. Il faut y aller petit à petit, ne pas commencer par jouer tout un match, surtout avec les blessures que j’ai eues. Je pense pouvoir apporter de la vitesse, de la percussion en un contre un.

Transféré l’été dernier au Real Madrid, Eduardo Camavinga a connu des débuts en fanfare dans la capitale espagnole, marquant dès son premier match avec les Merengues. Mais depuis quelque temps, le Français apparaît moins sur le terrain. Bloqué derrière le trio Kroos-Modric-Casemiro, il continue l’apprentissage du très haut niveau en jouant, un peu, et en observant, beaucoup.

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Cette saison, Eduardo Camavinga (19 ans) doit apprendre quelque chose de nouveau à Madrid : la patience. Propulsé en professionnel à 16 ans au Stade Rennais, devenu titulaire chez les Bretons en quelques semaines, international français à 17 ans, plus jeune buteur chez les Bleus depuis 1914, le crack a brûlé les étapes en début de carrière.

Une accumulation de cartons jaunes
Mais depuis son arrivée au Real l’été dernier, le Français joue moins. Logique, quand on signe dans le club le plus titré de l’histoire du football. Pourtant, à son arrivée dans la capitale espagnole, Camavinga est encore allé plus vite que son ombre. Premier but pour son premier match (contre le Celta Vigo), première passe décisive pour sa première apparition en Ligue des champions (face à l’Inter Milan), il a connu des débuts idylliques.

 Mais depuis, l’aventure est un peu plus compliquée pour le Tricolore. Il n’a plus marqué ou fait de passe décisive. À l’inverse, son accumulation de cartons jaunes en Liga (5 en 16 matches) a fait parler dans la presse ibérique, où son manque de contrôle a été signalé. Mais rien de gravissime, lui qui est décrit comme quelqu’un d’humble et d’attentif, à l’écoute de son entraîneur, Carlo Ancelotti, lui-même ancien milieu de terrain, et de ses partenaires.

Notamment Karim Benzema. En octobre dernier, Camavinga nous confiait que l’attaquant met à l’aise tout le monde. En tant que Français, c’est sûr que c’est plus simple. Je suis à côté de lui à table, on rigole ensemble. Il m’a expliqué comment tout se passait ici, si j’ai besoin de quelque chose je lui demande.

Apprécié par le club et la presse
Apprécié au sein du vestiaire des Merengues, Camavinga profite surtout de sa première année pour apprendre. Dans l’ombre du trio du milieu, Toni Kroos – Luka Modric – Casemiro, qui performe une année de plus, le Français est dans la rotation avec Federico Valverde et Dani Ceballos. Après avoir profité de la blessure de Kroos au début de saison pour s’illustrer, il est revenu à la place qui lui était réservée à son arrivée, celle du prodige grandissant dans l’ombre pour préparer l’avenir, alors que les trois titulaires du milieu affichent une moyenne d’âge de 32,7 ans.

Camavinga a tout de même pu obtenir des titularisations en Coupe du Roi, mais en quart, quand il n’a pas débuté, le Real a été éliminé par l’Athtletic Bilbao (0-1). Ces rares apparitions l’ont fait reculer dans le classement de FourFourTwo , qui classe les meilleurs joueurs de moins de 20 ans, passant de la 7e à la 13e place.

Mais à Madrid, on ne s’inquiète aucunement pour son avenir. La presse locale est toujours sous son charme, même si elle pointe parfois son manque de maturité, comme quand AS écrit que Camavinga « joue si vite qu’il semble sortir du dernier Mad Max » car quand il touche le ballon on peut s’attendre à tout​. Sauf blessures des titulaires, la hiérarchie ne devrait pas bouger dans l’entrejeu d’ici la fin de saison.

Avant de connaître une évolution cet été ? Possible, car Luka Modric est en fin de contrat. Mais le Croate, qui aura 37 ans en septembre, pourrait à nouveau prolonger son bail. Camavinga, lui, peut voir venir. Lié au club jusqu’en 2027, il a tout le temps de se perfectionner, que ce soit en club ou chez les Espoirs, avec qui il a été rappelé cette saison. Et, avec une clause libératoire fixée à 700 millions d’euros, le Real a clairement indiqué au reste du continent que le futur de l’ex-Rennais s’écrira à Madrid.

Ce vendredi 4 mars, Bruno Genesio fête une année passée à la tête de l'équipe première du Stade Rennais. Venu pour succéder à Julien Stéphan, démissionnaire fin février 2021, l'ancien coach de l'OL réussit un parcours quasi sans-faute jusqu'ici.

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Le 4 mars 2021, Bruno Genesio était nommé entraîneur du Stade Rennais, succédant à Julien Stéphan, démissionnaire à la fin du mois de février, après une série de résultats négatifs. Après une expérience d'un an et demi en Chine, au Beijing Guoan, l'ancien entraîneur principal de l'OL (de 2015 à 2019) accepte de rejoindre Rennes, convaincu par le président Nicolas Holveck, par l'actionnaire François Pinault et par son ami et ancien collègue à Lyon Florian Maurice.

Un pari réussi sur la fin de saison 2020/2021
Lorsqu'il prend l'équipe en main, Bruno Genesio a onze matchs pour qualifier Rennes en coupe d'Europe. Une tâche loin d'être insurmontable puisque l'équipe a quatre points de retard seulement sur la 6e place. Au moment de sa nomination, les supporters rennais sont partagés sur le choix d'engager Bruno Genesio, à l'image de Kévin, qui se souvient de l'arrivée du technicien : "Franchement, je ne savais pas trop à quoi m'attendre quand il est arrivé. Force est de constater qu'aujourd'hui la qualité de jeu est très agréable. Pourvu que ça dure !"

Notre consultant France Bleu Armorique Gaël Danic, qui a côtoyé Bruno Genesio à l'OL, se remémore son sentiment lors de la signature de l'ancien coach de Lyon : "Je me dis que c'est une bonne opportunité pour Rennes, parce que c'est un coach qui a connu le haut niveau, en tant que coach principal et en tant qu'adjoint de Rémi Garde, qui est très reconnu dans le milieu. Dans la mesure où Rennes se doit de devenir le prochain Lyon, rien de mieux que de prendre l'ancien coach de l'OL" juge l'ancien milieu de terrain offensif. "Là où je lui tire mon chapeau, c'est d'avoir été dans la continuité de Julien Stéphan, poursuit Gaël Danic. Il y aurait pu avoir une cassure, mais le flambeau été récupéré, il a surfé sur ce que faisait Stéphan. Il a apporté sa touche et Rennes, aujourd'hui, en terme de résultats et de contenu, est au dessus de ce que Rennes faisait avant, alors que le curseur était déjà très haut."

A l'issue de la saison 2020/2021, où Bruno Genesio et ses joueurs parviennent à décrocher la 6e place et à se qualifier pour la Ligue Conférence, le technicien rennais saluera d'ailleurs le travail de son prédécesseur : "J'ai une pensée pour Julien, c’est aussi une partie de son travail." Sur cette fin de saison, Bruno Genesio aura su remonter le moral de ses troupes, profiter du jeu de possession très marqué de son prédécesseur, tout en y ajoutant plus de présence dans la surface adverse. Il replace aussi avec succès Martin Terrier et Flavien Tait dans l'axe du terrain. Gaël Danic : "Quand tu fais jouer les joueurs à leurs postes, c'est plus facile. Flavien Tait quand tu vois ses qualités techniques, c'est un plus pour l'équipe. Dans l'axe, il n'est pas perdu, il sait ce qu'il a à faire, il a les qualités pour jouer là : les questions qu'il se posait à gauche, il ne se les pose plus. Tu te pollues l'esprit quand tu n'es pas vraiment à ton poste. Bruno a libéré Flavien Tait." Le milieu de terrain le lui rend bien, étant un des acteurs principaux de la fin de saison canon en 2020/2021.

Une intersaison mouvementée sur le marché des transferts
L'été suivant, Florian Maurice et Bruno Genesio opèrent une refonte en profondeur de l'effectif rennais : exit les Da Silva, Camavinga, Nzonzi, Maouassa, Niang, Grenier, Soppy, Nyamsi et consorts. Bienvenue aux Badé, Majer, Laborde, Sulemana, Meling et Santamaria. Entre les arrivées et les départs, le Stade Rennais dépense environ trente-cinq millions d'euros, un luxe dans une période marquée par la perte de revenus liés au Covid et au désengagement de Mediapro.

Mais la mayonnaise tarde à prendre : après six journées, Rennes est 16e de Ligue 1, avec une seule victoire au compteur. Le souffle de la crise se fait sentir sur les nuques rennaises, sans qu'elle n'éclate vraiment. Et puis Rennes fait exploser Clermont à la 7e journée, avec une victoire 6-0, annonciatrice d'autres larges succès sur la suite de la saison. Les recrues trouvent leur rythme, les cadres confirment, les jeunes s'affirment. Au cœur de l'automne, le SRFC enchaîne treize matchs sans défaites toutes compétitions confondues. Rennes sort premier de son groupe de Ligue Conférence.

En décembre et janvier, Rennes patine, avec des défaites face à des concurrents directs (Nice, Lille, Monaco, Lens). Les absences liées à la CAN, mal anticipées, se font sentir. Mais le SRFC a depuis retrouvé le fil, et se positionne en chasseur de podium, derrière Marseille et Nice. Le jeu de l'équipe, très spectaculaire, est unanimement salué. Et avec leur entraîneur, les Rouge et Noir peuvent être ambitieux juge Gaël Danic : "Avant on se contentait des 4e, 5e, 6e places... A force qu'on dise que Rennes était un club moyen, on était déjà contents d'être 6e. C'était du conditionnement. Tout vient de l'exigence. L'exigence il faut la vivre, la ressentir, et Bruno Genesio a amené ça de son expérience lyonnaise. Le football ça se vit. Si viscéralement tu n'es pas persuadé de pouvoir faire mieux ou plus, tu ne fais pas l'effort. Bruno a dû leur dire qu'il fallait aller chercher la 2e place. Il sait qu'il a le groupe pour faire ça. Sincèrement si Rennes fait 5e, je serais déçu." Ça tombe bien : s'ils ne l'assument pas publiquement, en privé les joueurs ne cachent pas leur souhait d'aller chercher le podium en fin de saison.

Un coach apprécié par les supporters, sans être complètement rentré dans leurs cœurs

L'avis des supporters rennais sur l'année passée par Bruno Genesio à la tête de l'équipe première

De l'avis de tous les observateurs et des supporters, ce mandat de Bruno Genesio est marqué par une qualité de jeu rarement vue au Stade Rennais : "Je trouve que l'on joue très bien, juge Michel, supporter rennais. Malgré quelques passages à vide à chaque match, c'est un jeu agréable à voir, avec des passes, de la rapidité." "Je trouve qu'il y a un peu plus de jeu notamment à domicile, embraye Geoffray. Même si on aimait bien Stéphan, il y a un peu plus de jeu que sous Stéphan, c'est plus fluide." Pour Vincent, "Lyon a eu tort de s'en séparer il y a quelques temps. C'est un très bon entraîneur. Et au niveau de l'état d'esprit, je pense que c'est un mec réglo, humainement ça doit être quelqu'un de bien."

Mais pour Bruno Genesio, en terme de popularité, difficile de succéder à Julien Stéphan, entraîneur né à Rennes, qui a ramené le premier trophée depuis 48 ans au club et qui a fait découvrir la Ligue des Champions au Stade Rennais. Gaël Danic : "Pour rentrer dans les cœurs ? Il faut des résultats et des valeurs auxquelles les gens s'identifient. En Bretagne les gens ont besoin de s'identifier à leur équipe et aux valeurs du coach. Et Bruno est un homme de valeurs." Obtenir une deuxième place en Ligue 1, un classement jamais atteint par le club dans son histoire, ou remporter la Ligue Conférence seraient sans aucun doute des arguments suffisants pour finir de conquérir l'exigeant public rennais.

Bernard Lama, l’ancien gardien international de l’équipe de France de football, du PSG et du Stade Rennais, vit depuis la fin de sa carrière professionnelle dans sa Guyane natale où il a créé une marque d’eau de source. Prolongation est allé lui rendre visite. Engagé et tourné vers la jeunesse, il raconte sa reconversion.

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Au bord d’une route détrempée de Remire-Montjoly, une banlieue pavillonnaire de Cayenne en Guyane, un adolescent, sac de sport sur le dos, marche en direction du stade de foot. Son caleçon est apparent. Une voiture ralentit à son niveau. La vitre se baisse. « Remonte ton pantalon. Tu te crois où ? » Le jeune garçon reconnaît le manager général de son club de foot et obtempère sans broncher. Il est comme cela, Bernard Lama : franc, direct, un peu vieux jeu mais plein de valeurs et furieusement tourné vers les autres et surtout les jeunes.

Au volant de sa voiture, il raconte son enfance en enchaînant les bouffées de sa cigarette roulée. Son surnom lui va toujours aussi bien. « Le chat » ne saute plus sur les ballons mais il a gardé une ligne de sportif de haut niveau. Son regard de félin est rempli de malice. Et parfois, lorsqu’il s’agit de sujets qui lui tiennent à cœur, il griffe.

10 000 gosses sans école
Depuis la fin de sa carrière professionnelle de footballeur, il est revenu vivre dans « [sa] Guyane ». « Je n’ai pas trouvé de raison suffisante pour rester de l’autre côté de l’Atlantique. J’avais acheté une maison en 2005 et je m’y suis fixé. J’y vis avec ma mère depuis. »

Heureux donc ? « Je suis content d’être chez moi, de pouvoir me balader sur la plage ou dans la forêt équatoriale. Une vie simple liée à la nature. Mais non, pas heureux. On ne peut pas être heureux quand on voit la pauvreté ici. Il y a tellement d’inégalités. Ici, 50 % des gens vivent sous le seuil de pauvreté, il y a des problèmes de santé, d’éducation, 10 000 gosses sans école. »

Dans le sang de l’ancien international français coule une fibre sociale. « Mon grand-père et mon arrière-grand-père ont construit ce département. Mon père, chirurgien, a été maire de Rémire-Montjoly pendant 35 ans. On parlait plus de politique et de l’avenir de la Guyane que de sport. Tous les ingrédients pour développer une pensée sociale et faire preuve de solidarité. »

50 % des réserves d’eau en Amazonie
Alors, pour sa reconversion, Bernard Lama n’a pas choisi « d’investir dans l’immobilier et s’enrichir sur le dos des plus pauvres » ou de faire « de l’import-export depuis la France ». Pour aider les siens, il faut d’abord poser un diagnostic : « Il y a tout en Guyane. L’océan, la forêt, des gens simples, de bonne composition, habitués à accueillir. Il manque une seule chose : la volonté politique ».

Il ne reste plus qu’à trouver ce qui pourrait être précieux pour les Guyanais. « En 1999, j’ai appris en lisant Le Monde que 50 % des réserves mondiales d’eau étaient en Amazonie. J’ai fait le lien. Quand, jeune footballeur, je revenais en Guyane, j’étais frustré, il n’y avait pas d’eau locale. Alors pourquoi ne pas créer la première eau de source guyanaise ? »

Bernard Lama s’associe alors avec son ami d’enfance. Mais le projet est long à démarrer. « Il a fallu 10 ans avant de mettre une bouteille sur le marché. Nous avons rencontré beaucoup de difficultés. Trouver un terrain, une source et puis l’administration… Ici, en Guyane, nous sommes soumis aux lois françaises et européennes. Mais nous sommes sur le continent américain avec son climat, sa terre… Les lois ne se sont pas adaptées à notre quotidien. »

Pas de sens d’exporter de l’eau
Malgré les obstacles, Bernard Lama s’est obstiné et l’usine est sortie de terre à une quarantaine de kilomètres de Cayenne. Son entreprise, Dilo, emploie aujourd’hui une dizaine de salariés, « sans le transport ».

L’an dernier, le chiffre d’affaires de Dilo s’élevait à 3,3 millions d’euros. « Nous commençons à bien maîtriser notre métier. » En 2021, 5,3 millions de bouteilles d’eau sortaient de l’usine. 35 % de l’eau en bouteille consommée en Guyane est produite par l’entreprise dont Bernard Lama est le PDG.

Une croissance qui permettra un jour de boire l’eau Dilo en métropole ? « Non. Cela n’a pas de sens d’exporter de l’eau. Notre planète va assez mal comme ça. » Car le changement climatique, Bernard Lama « le voit ». « Les saisons ne sont plus tranchées comme dans mon enfance. L’été, on grille littéralement sous le soleil. Les cotes bougent, l’océan a avancé, c’est sidérant. »

À Brest, on avait une belle équipe…
Et le football ? Il fait toujours partie de sa vie. Jusqu’en 2021, Bernard Lama était le vice-président de la ligue de football guyanaise. Il exerce toujours comme manager général de « son club », l’USL Montjoly. « Jusqu’à la fin de ma vie. Ce club, c’est ma deuxième famille. »

Alors il se bat, avec force, sans langue de bois. « Encore un paradoxe de la Guyane ! Il y a une végétation verte partout et à l’heure actuelle, il n’y a qu’un seul terrain digne de ce nom. Nous sommes dans le département le plus jeune de France mais il y a peu de structures pour eux. Que font-ils ? Ils passent leur bac et partent étudier en métropole. Ils ne reviennent que très peu car il n’y a pas de boulot ici. »

Le champion du monde 98 suit toujours l’actualité du football en France, plus particulièrement celle de ses anciens clubs. « À Brest, on avait une belle équipe, avec Corentin Martins, David Ginola, Stéphane Guivarc’h… On fait une belle saison mais on est rétrogradé pour des raisons financières. Je serais resté sinon. »

Mbappé ? Une pépite
Mais Bernard Lama porte aussi un regard critique sur son sport. « Je n’aurais pas aimé être footballeur en ce moment, tranche-t-il. On ne comprend plus rien. Il y a trop de matches, la ligue des nations, les Coupes du monde en hiver… Tout cela n’a plus de sens. Les joueurs sont cramés, on ignore l’aspect physiologique de ce sport. »

Un joueur le « bluffe » pourtant. « Mbappé ! C’est une pépite ce gamin ! Il va devenir une star planétaire. Il est mature, il est déjà un porte-drapeau, il prend position. »

Passion du foot, passion de « sa » Guyane, passion des autres, les pieds sur le terrain mais les yeux vers les étoiles. C’est toute la leçon donnée au jeune adolescent croisé au bord de la route : si tu veux courir comme Mbappé, remonte d’abord ton pantalon !

Quelques repères…

L’institut Diambras, son combat pour le foot africain. Créé en 2000 par Saer Seck, investisseur sénégalais, et les anciens footballeurs Jimmy Adjovi-Boco, Bernard Lama et Patrick Vieira, l’institut Diambras forme une centaine de jeunes footballeurs africains. « L’objectif de ce projet, explique Bernard Lama, c’est de faire du football un moteur pour l’éducation, former les citoyens de demain. Lorsque je jouais, j’avais des coéquipiers africains qui étaient illettrés. »

La fondation comporte une section sport études et une équipe professionnelle de première division sénégalaise, plusieurs fois titrée. « Quelques joueurs formés chez nous ont percé en Europe comme Bamba Dieng à l’OM ou Idrissa Gueye au PSG. »

Champion du monde 98. Chaque année, les champions du monde 98 se retrouvent le temps d’un repas pour se remémorer les bons souvenirs. « On n’a pas pu le faire depuis le début du Covid mais il me tarde de les retrouver. On a écrit une page de l’histoire du sport français. Avant 98, l’équipe de France de foot n’était pas considérée comme des vainqueurs. » Il garde de cette épopée de belles amitiés. « Lilian Thuram, Manu Petit ou Christian Karembeu… Ce sont des frères. »

Son palmarès. Champion du monde en 1998. Champion d’Europe en 2000. Vainqueur de la Coupe des Coupes 1996 avec le PSG. Champion de France en 1994 avec le PSG. Vainqueur de la Coupe de France en 1993 et 1995 avec le PSG. Vainqueur du Trophée des Champions en 1995 avec le PSG. 44 sélections en équipe de France, de 1993 à 2001 dont deux fois capitaine. 489 matches en Championnat de France (Lille, Metz, Brest, Lens, PSG, Rennes), de 1985 à 2001. 12 matches en Premier League, avec West Ham, en 1997-1998.

L’ancien Rennais Clément Grenier s’est engagé pour six mois (plus un an en option) avec Majorque, 16e de Liga.
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Clément Grenier a retrouvé un club. Libre depuis mai 2021 et le non-renouvellement de son contrat au Stade Rennais, le milieu de terrain formé à Lyon rebondit à Majorque. Clément Grenier (31 ans) a signé jusqu’à la fin de la saison, avec une année supplémentaire en option.

L’ancien joueur de l’En Avant Guingamp s’entraînait depuis plusieurs jours avec l’équipe professionnelle de Majorque, qui lutte pour se maintenir en Liga. Majorque est actuellement 16e du championnat espagnol.

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15 mars 2022

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