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Dans un communiqué, la Ligue de Football Professionnel annonce que les clubs français ont décidé de ne pas laisser partir les internationaux qui devaient jouer en dehors de l'Europe lors de cette trêve de mars.
ds 0382Au fil des heures plusieurs clubs de Ligue 1 ont annoncé que conformément à la possibilité offerte par la FIFA ils avaient décidé de conserver leurs joueurs internationaux qui devaient partir dans une zone hors de l'Europe. Mais la LFP a officialisé ce mercredi soir que la totalité des dirigeants français de L1 et L2 avaient pris une position commune dans ce dossier. « A l’initiative des présidents des Collèges de Ligue 1 et de Ligue 2, une consultation a été effectuée ce mercredi 17 mars auprès de l’ensemble des présidents de clubs concernant les joueurs hors équipe de France A susceptibles de participer à un match hors de la zone UE/EEE durant la prochaine période internationale du mois de mars. En l’absence d’exonération de septaine pour les joueurs étrangers internationaux mis à disposition de leur équipe nationale et eu égard aux délais de réponse imposés par la règlementation internationale, les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 ont décidé à l’unanimité ce mercredi 17 mars d’appliquer la circulaire FIFA du 5 février 2020 tenant compte des nombreuses restrictions de déplacement dans le monde. Dans ce contexte, les clubs ne mettront pas à disposition des sélections les joueurs étrangers convoqués pour des matchs hors de la zone UE/EEE durant la prochaine période internationale du mois de mars », annonce la Ligue de Football Professionnel.

Ces derniers mois, la consommation du football via des plateformes illégales de streaming a totalement explosé en France.

ds 0381Un véritable fléau pour la Ligue de Football professionnel ainsi que pour les diffuseurs, qui réclament une lutte plus intensive contre le piratage audiovisuel depuis de longues années. A force de rouspéter à raison, ils vont être entendus puisqu’à compter de mercredi, l’Assemblée Nationale va examiner une proposition de loi visant à démocratiser le sport en France. L’article 10 du texte en question est consacré à la lutte contre le piratage. Concrètement, cet article prévoit le durcissement de l’arsenal juridique en bloquant de manière immédiate les sites de streaming illégaux. Une évolution considérable dans la mesure où actuellement, il faut attendre trois mois en moyenne avant que des sanctions soient appliquées et que des fermetures de plateformes illégales soient prononcées.

La tâche sera rude pour les autorités afin de faire régner l’ordre dans le paysage audiovisuel car désormais, en plus des sites classiques de streaming, des services plus difficiles à bloquer comme l’IPTV ont émergé. Pour cinquante à cent euros par an, certains consommateurs ont accès à 100 % des chaines de sports de France. Cette nouvelle technologie a littéralement fait exploser la consommation de streaming selon Pauline Blassel, secrétaire générale de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet, interrogée par France TV Sport. « En décembre 2020, on a eu 3,2 millions d’utilisateurs uniques de streaming illégal, soit une hausse de 29% par rapport à décembre 2019. Le Conseil d’Etat a parlé de 800 millions d’euros de pertes quand les diffuseurs eux-mêmes ont évoqué 500 millions d’euros » explique-t-elle. D’où l’urgence de vite agir dans l’intérêt des diffuseurs et des fédérations. Cela concerne le football bien sûr mais également le tennis et le rugby, également victimes de ce streaming de masse.

Envoûtée par le chant des sirènes, la LFP a vendu pour 795 millions d’euros par an à Mediapro une bonne partie des droits de la Ligue 1 portant sur la période 2020-2024. ds 0380Problème : la fontaine de cash dans laquelle espéraient naïvement se baigner les clubs français était aussi illusoire que les rêves de sous-traitance avec bénéfices de la firme espagnole. Autopsie d’une immense partie de poker menteur, qui laisse le football bleu blanc rouge au bord du gouffre.
"Thomas, qu’est-ce qui est le plus probable : que Messi vienne au PSG ou que Mediapro paye les droits de la Ligue 1 ?" Sur le plateau de Téléfoot, la question du chroniqueur Paul de Saint-Sernin fait son petit effet. L’anchorwoman Anne-Laure Bonnet se marre dans son tailleur cintré, le consultant Mathieu Bodmer pouffe dans son fauteuil et, en duplex, Tuchel lâche derrière son masque son rire le plus franc depuis son arrivée dans la capitale. Une poilade générale en trompe-l’œil : ce dimanche 13 décembre 2020, le plateau du diffuseur ressemble plus à une déprimante assemblée de clowns tristes qu’aux Grosses Têtes. Deux jours plus tôt, les salariés de Téléfoot la chaîne du foot (son nom complet réel) ont été informés par Julien Bergeaud, leur directeur général, de l’arrêt des programmes lancés quatre mois plus tôt. La date de coupure du signal reste à déterminer, mais ce game over brutal déchire définitivement le voile de l’illusion dans lequel s’était orgueilleusement drapé le foot professionnel français. Et pour cause, celui-ci doit s’asseoir sur une enveloppe annuelle de 795 millions d’euros pour la Ligue 1 et de 34 millions pour la Ligue 2, prévue par le contrat signé avec Mediapro. Le groupe audiovisuel espagnol aurait dû catapulter les droits télé hexagonaux à des hauteurs à peine imaginables quelques années plus tôt, 1,153 milliard d’euros par an sur la période 2020-2024. Sauf que le vaisseau de l’amiral Jaume Roures n’est jamais arrivé à bon port. Après avoir froissé pas mal de spectateurs (ou trop peu, c’est selon) et composé avec des débuts laborieux, la société espagnole s’est mise à dos son client, la Ligue de football professionnel, en ne s’acquittant pas de ses échéances d’octobre (172 millions d’euros) et de décembre (152,5). Pour certains présidents de clubs, cette histoire est au mieux "un pantomime" , au pire une "manipulation magnifique" . Et si on a ri jaune aux obsèques de ce projet, les sourires étaient bien plus francs et sincères lors de l’annonce de l’heureux événement le 29 mai 2018, jour de l’attribution des droits intronisant ce grand illusionniste venu de l’autre côté des Pyrénées.

 "Il doit être 16 heures, on n’a pas encore terminé. Et Nathalie Boy de la Tour déboule :
"Champaaaaagne, bravo à tous !" – "Mais Nathalie, qu’est-ce que t’es en train de nous faire, là ? Il reste encore des lots à attribuer !""
Un participant de la journée d’attribution des droits TV

La France du foot n’a alors pas encore vécu l’été doré que lui apporteront Didier Deschamps et ses hommes en Russie, mais, dans les rangs de la LFP, on jubile. Peut-être déjà un peu trop vite. "Il doit être 16 heures, on n’a pas encore terminé. Et d’un coup, Nathalie Boy de la Tour déboule en disant : "Champaaaaagne, bravo à tous, je veux remercier les informaticiens qui ont travaillé toute la nuit..." " , raconte un des témoins de la scène, effaré. La présidente de la Ligue se fait d’ailleurs reprendre de volée par l’assemblée : "Mais Nathalie, qu’est-ce que t’es en train de nous faire, là ? Il reste encore des lots à attribuer !" Qu’importe : alors que le précédent contrat avec Canal+ et beIN Sports se chiffrait à 748 millions d’euros, les clubs français ont réussi à faire bondir de près de 60% leurs revenus télévisuels domestiques. La bonne affaire. "Demain, si ton patron te dit que dans deux ans, ton salaire va être doublé, quand tu rentres chez toi, tu prends le champagne avec ta femme, assume Laurent Nicollin, le président du Montpellier Hérault SC. À ce moment-là, tu ne peux que dire bravo." Le fils de Loulou est catégorique : "Il n’y a pas un président qui a émis de doutes à cet instant. Si quelqu’un vous affirme le contraire, c’est un gros menteur."

 Chapitre I : Shuffle up and deal

 Cette enchère à 1 milliard d’euros par an vient en réalité conclure une partie de très longue haleine, débutée en 2016. Cette année-là, alors que s’achève le mandat de Frédéric Thiriez, la LFP mène un grand chantier de sa gouvernance : les présidents de Ligue 1 poussent pour défausser le futur successeur de "Moustache" d’une partie de ses pouvoirs, considérés comme trop étendus. Ils souhaitent confier l’aspect business et développement économique au directeur général exécutif. Heureux hasard : Jean-Pierre Hugues, le DGE en poste, est sur le point de partir à la retraite, et on cherche pour le remplacer "le Carlos Ghosn du football français" , évoque un ancien de la maison. Le changement des statuts est adopté en conseil d’administration et, en mars 2016, le foot français se dégote un nouveau dealer pour distribuer et valoriser ses atouts. Le nom du croupier ? Didier Quillot. Ancien président de Lagardère News (Europe 1, Paris Match, Le JDD), ex-administrateur d’Orange, le nouveau dirigeant est originaire du Tarn-et-Garonne, comme le laissent deviner sa carrure de rugbyman et son accent méridional. Sous ses lunettes à la monture épaisse, il est décrit par certains comme un décideur un peu orgueilleux, qui peut avoir du mal à partager le pouvoir. Il devra pourtant former un tandem à la tête de la LFP avec la future présidente, Nathalie Boy de la Tour, élue en novembre de la même année.

Sa fiche de poste dessine pour Quillot une mission claire : ouvrir en grand le principal robinet d’argent frais des clubs que sont les recettes télévisuelles. Dans ce domaine, la France fait figure de parent pauvre dans le top 5 européen : là où les droits domestiques ont déjà tous dépassé ou talonné le milliard annuel chez nos voisins, l’Hexagone stagne autour des 600-700 millions d’euros depuis des années. Le quasi-monopole dont jouit Canal+ sur le football en France n’y est pas étranger. En Angleterre, par exemple, c’est la bataille d’ego entre BT et Sky qui a fait crever le plafond. Sur les trois premières décennies d’existence de Canal+, ni TPS, ni Orange, les premières à avoir tenté de s’immiscer sur ce marché, ne sont parvenues à tenir la dragée haute à la chaîne cryptée sur la durée. Il faut attendre 2012 et l’arrivée de beIN Sports pour voir "la chaîne du foot et du porno" être challengée par un concurrent digne de ce nom. Si l’hydre à deux têtes formé par beIN et la quatrième chaîne permet de faire grimper graduellement la valeur de la seule L1 (de 607 millions d’euros par an pour 2012-2016 à 726,5 en 2016-2020), ce n’est pas suffisant pour les pontes du football français, convaincus que leur produit est sous-évalué. "L’Angleterre a environ 2 milliards, en Espagne, ils ont 1,5 milliard, en Allemagne 1 milliard... Pourquoi le championnat de France, avec Neymar et Mbappé, ne pourrait pas avoir 1,2 milliard de droits TV ? Ça ne paraît pas déconnant" , resitue Laurent Nicollin. La barre symbolique revient comme un marronnier et, surtout, fait office de frontière en dessous de laquelle le futur accord serait considéré comme un échec. Aux yeux des boss des clubs, Didier Quillot doit donc être l’homme du milliard, celui qui fera entrer la L1 dans le carré VIP européen. "La pression des présidents sur Didier Quillot était extrêmement forte, il était attendu au tournant" , reprend un ancien de la LFP.

Cet appel d’offres pour la période 2020-2024, le nouveau DGE en sera le principal architecte, assisté de Mathieu Ficot, responsable des activités média et marketing de l’instance. Entre 2016 et 2018, le duo fait le tour du monde pour dénicher le futur rival de beIN et Canal+. Des États-Unis à l’Asie, ils présentent la "Ligue des talents" à Google, Amazon, Facebook, Wanda, Infront, IMG, entre autres. Et donc, fatalement, à Mediapro. S’il n’est pas encore impliqué dans la diffusion du football sur notre sol, le groupe catalan n’est pas un inconnu : il a notamment, via sa filiale française, produit les contenus de beIN Sports France à ses débuts. Grand nom de la production audiovisuelle, Mediapro est néanmoins beaucoup moins à la fête chez lui depuis peu. "Jusqu’en 2015, la négociation sur les droits était individuelle en Espagne. Les plus gros clubs les commercialisaient eux-mêmes au plus offrant, détaille le consultant Pierre Maes, ancien directeur des programmes de Canal+ Belgique et auteur du livre Le Business des droits TV du foot. Mediapro avait la main sur ceux du Barça. Ils se portaient acquéreurs, pour ensuite les revendre avec plus-value." Au moment où la négociation sur les droits télé ibériques devient collective, la firme cesse de jouer les guichetiers privés du club blaugrana. Pire, pour la période 2019-2022, Mediapro doit se contenter de miettes face à Telefonica, qui ramasse neuf des dix matchs de chaque journée de Liga. Fragilisé sur ses terres, le groupe audiovisuel n’en reste pas moins un squale de belle taille : début 2018, son chiffre d’affaires atteint les 2 milliards d’euros, pour 250 millions d’euros de résultat. Parmi ses actionnaires, on trouve par ailleurs le Britannique WPP, leader mondial de la publicité. La rencontre des grands esprits entre Didier Quillot et Jaume Roures, le fondateur catalan de Mediapro, est ainsi orchestrée quelques mois avant l’appel d’offres des droits télé du foot français par l’intermédiaire de Marc Ingla, directeur général du LOSC et également originaire de Catalogne. Avec son partenaire Tatxo Benet, Roures a fondé Mediapro en 1994 et en a fait une multinationale avec des bureaux sur tous les continents. Il en a profité au passage pour se construire une image en décalage avec les codes de son milieu. Ancien militant trotskiste emprisonné sous Franco, le bonhomme reconnaît être parti prendre les armes pour faire la révolution sandiniste au Nicaragua à la fin des années 1970, sans jamais entrer dans le détail de ses accomplissements sur place. Mais Quillot n’est pas venu discuter révolution populaire avec le magnat catalan : il veut juste réaliser le Grand Soir dans le petit écran du foot français.

Chapitre II : les mises

Didier Quillot n’est pas un cow-boy solitaire. Au retour de ses pérégrinations dans l’Ouest sauvage, il doit en référer au "comité de pilotage" , soit une douzaine d’experts sélectionnés parmi les membres du conseil d’administration de la LFP. Depuis l’automne 2017, cette cellule d’accompagnement est censée superviser les avancées de Didier Quillot et ficeler avec lui le cadre de l’appel d’offres. On y trouvait notamment les présidents Eyraud (Marseille), Caïazzo (Saint-Étienne), Desplat (Guingamp), Chabane (Angers), Rivère (Nice), Vasilyev (Monaco), Michy (Clermont) ou encore le représentant de la FFF, Michel Denisot. Jean-Michel Aulas fut intégré à ce groupe en cours de route. Après sept sessions de travail, le comité de pilotage est en mesure de présenter au CA la composition des lots qui sera ensuite communiquée aux futurs prétendants. L’ensemble de la programmation de la L1 est fragmentée en sept lots, avec la volonté de concerner "un grand nombre d’acteurs" , comme le précise le procès-verbal de la réunion du 25 avril 2018. Par ailleurs, détail qui aura son importance pour la suite, la LFP fait savoir que "pour la première fois, [elle] permettra des droits de sous-licence sur l’ensemble des lots" . C’est-à-dire qu’elle autorise la possibilité de revendre ses acquis à un tiers, comme cela s’est déjà vu en France par le passé pour un mondial ou un Euro. La date du 29 mai 2018, deux semaines avant le début de la Coupe du monde de football, est choisie : "On considérait que la tension compétitive était bonne à ce moment-là" , révèle un proche du dossier.

 Les jours qui précèdent la date fatidique, une poignée d’employés et les avocats de la Ligue épluchent un à un les dossiers envoyés par les candidats en amont. Leur identité doit rester confidentielle jusqu’au jour J, et leurs dossiers ne doivent pas faire mention d’offre financière : les enchères comme l’attribution se bouclent en une journée. Dans le plus grand hermétisme sont évalués la qualité des retransmissions proposées par les opérateurs, leur solidité financière, le nombre de caméras, ce qui sera investi en matière de communication etc. "On a reçu les dossiers de Canal, beIN, Mediapro et Free" , liste un des employés de la Ligue. Première surprise : SFR, par l’intermédiaire de la chaîne RMC Sport, n’a pas répondu à l’invitation. À l’inverse, si personne ne se doute encore de sa présence, Mediapro est bien là. "Ils ont renvoyé leur dossier qualitatif quelques jours avant la date limite comme les autres participants et ont été analysés comme les autres, confirme encore la source interne à la Ligue. On a constaté que Mediapro était une entreprise de production et de diffusion audiovisuelle et qu’elle avait tout à fait le droit de concourir. Après étude, il n’y avait pas de doute sur sa solvabilité." D’autant que Joye Media SL, la société qui englobe l’ensemble des activités du groupe Mediapro, a été rachetée quelques mois plus tôt à 53,5% par Orient Hontai Capital. Ce fonds d’investissement chinois a pour actionnaire la province de Shanghai, et par extension le gouvernement de Pékin. À l’époque, la Chine investit massivement dans le football européen. En France, des actionnaires chinois entrent au capital de Nice, Lyon et Auxerre, tandis que la FFF ouvre un bureau en République populaire. Passionné de ballon, le président chinois Xi Jinping veut organiser la Coupe du monde sur son territoire d’ici 2030, et ambitionne de la soulever à l’horizon 2050. L’un dans l’autre, la volonté d’acquérir les droits du foot français ressemble à un outil de soft power, comme a pu s’y adonner le Qatar en son temps.

Une fois les candidatures compilées, toutes se voient attribuer une note. "Ce coefficient de confiance sert à moduler le prix, explique Jean-Pierre Louvel, ancien président du HAC et familier du processus. Pour celui qui fait une offre de 100, mais a un coefficient de 0,2, son prix n’est plus de 100, mais de 120." Une évaluation qui a pour objectif de protéger les diffuseurs historiques, mais dont le poids reste en définitive marginal. Les règles sont énoncées, les blinds ont été posées, Quillot peut alors inviter les joueurs à s’asseoir autour de la table des négociations. Canal+ est là en vieux briscard sûr de lui, plus stratège que puncheur ; beIN veut toujours se faire bien voir à la table des grands sans dilapider sa montagne de jetons. Enfin, caché sous une capuche et une paire de lunettes en attendant de se dévoiler, Mediapro se pointe discrètement avec une grosse valise.

Chapitre III : le flop

Les poker faces sont de mise. Les protagonistes jouent la mine fermée, aucune émotion n’est censée transparaître. Ce 29 mai 2018, les membres du comité de pilotage sont réunis dans les bureaux parisiens du cabinet Clifford Chance, avocats de la LFP. Le député Cédric Roussel décrit avec le recul "un processus très mécanique" . Depuis mi-octobre 2020, l’élu LREM pilote depuis l’Assemblée nationale des auditions pour faire la lumière sur "l’affaire Mediapro" . "Il y a interdiction entre les candidats potentiels d’échanger, les portables sont mis de côté. Chacun fait une offre pour les lots auprès d’un huissier, et ajuste ses enchères en fonction des autres." Tous les participants suivent un cérémonial réglementé par la loi Lamour de 2003, texte qui fait de la Ligue française la seule d’Europe à être dans l’obligation d’organiser un appel d’offres transparent, non discriminatoire, public, et encadré par l’autorité de la concurrence. Pas de copinage, de renvois d’ascenseur ou de luttes d’influence : le plus offrant remporte la mise, point. Les lots sont passés en revue, et chaque enchérisseur est dévoilé par les équipes de la Ligue et Me Yves Wehrli, avocat du cabinet Clifford Chance. "Notre présence au round final ne porte aucune conséquence, note un président de club. Tu as les gens de Clifford qui sont là et tu n’as pas la possibilité d’interférer sur le résultat." Dès les premiers tours, un chipleader inattendu sort du bois : Mediapro. Le concurrent sino-espagnol rafle alors trois des lots mis en jeu, correspondant à huit des dix rencontres de chaque journée. L’offre est énorme et laisse tout le monde bouche bée. "Quand on te donne des chiffres qui sont validés par l’expert comptable, par un avocat ou les gens de la Ligue, donc des gens sérieux, tu te dis : "Bon super, on a touché le jackpot !"" rapporte Laurent Nicollin.

"Il n’y a pas un président qui a émis de doutes le jour de l’attribution. Si quelqu’un vous affirme le contraire, c’est un gros menteur."
Laurent Nicollin, président de Montpellier

De son côté, Free s’adjuge les droits VOD d’extraits en quasi-direct quand beIN limite la casse en s’offrant le match du samedi à 21 heures et celui du dimanche 17 heures. À l’instant T, Canal+ est bredouille. Selon plusieurs sources, au moment où le groupe de Vincent Bolloré apprend qu’il perd sa sacro-sainte affiche du dimanche soir, celui-ci préfère se coucher et ne pas surenchérir. Un responsable tente de décrypter ce geste de désespoir : "Canal n’avait pas du tout vu arriver Mediapro. Ils pensaient que le candidat mystère était RMC Sport, un groupe qui avait remporté les droits de la C1 quelques mois auparavant, de manière très agressive." Échaudé par cette déconvenue et pensant son concurrent à court de liquidités pour les lots suivants, Canal aurait donc "essayé de planter l’appel d’offres" en plaçant des mises volontairement ridicules (10 millions d’euros) sur les lots 2 et 3. L’idée ? Faire en sorte que le prix de réserve fixé par la LFP ne soit pas atteint. Cette somme correspond à un montant minimum fixé par la Ligue. Si le seuil n’est pas franchi, l’appel d’offres est annulé dans son entièreté et reporté à une date ultérieure. C’est donc l’invalidation et l’ajournement de la partie qu’aurait visés Canal. Une stratégie une nouvelle fois inopérante, puisqu'elle ne fait qu’ouvrir un boulevard aux Espagnols sur le lot 2 et à beIN Sports sur le lot 3. La somme plancher est atteinte, "l’enchère continue" , ordonne la LFP. Canal+, qui aurait fait courir le bruit que les droits de la Ligue 1 ne valaient pas plus de 650 millions d’euros, est alors sortie du jeu. "Avant cette journée, Canal se sentait en position de force, récapitule Arnaud Simon, l’ancien directeur général d’Eurosport, désormais à la tête de la société de conseils en droit sportif In&Out Stories. Mais c’est la partie de poker inhérente à l’appel d’offres." Ce tour de force de Mediapro fait déjà des heureux. Jean-Michel Aulas se pourlèche les babines à l’idée d’un futur festin : "On réduit la différence avec nos concurrents européens. À Lyon, on va pouvoir prendre un peu plus de risques sur la partie joueurs. C’est un jour béni pour le football professionnel français." Alléluia.

Chapitre IV : le turn

Alors que le France du foot commence ses vacances en nageant dans un océan d’autosatisfaction, une première vague d’inquiétudes vient troubler la félicité ambiante. C’est la Ligue de football italienne qui instille les premiers doutes, quand elle rétropédale et retire à Mediapro les droits de la Serie A de 2018 à 2021, obtenus grâce à une offre de 1,05 milliard d’euros par saison. Les garanties financières de l’acquéreur sont finalement jugées insuffisantes par la Lega Serie A. En coulisses, certains dirigeants français commencent à jacasser. Le 8 juin, Quillot monte sur le pont pour assurer à tous que le navire Ligue 1 est doté de doubles fonds solides et qu’il n’y a donc pas matière à imaginer des trous dans la coque : "Nous n’avons pas d’inquiétude, car nous avons une caution solidaire de l’actionnaire de référence de Mediapro." En l’occurrence, Joye Media SL, sa société mère. Le 6 septembre 2018, le coprésident de Saint-Étienne, Bernard Caïazzo, est le premier à verbaliser publiquement ses inquiétudes : "On nous a dit qu’il n’y avait aucun problème de solvabilité... On dit que Mediapro souhaite faire de la sous-traitance. Mais vu les sommes qu’ils ont engagées, je ne vois pas comment ils pourraient obtenir davantage..." Par le terme sous-traitance, le patron des Verts se réfère à la possibilité qu’offre l’édition 2018 de l’appel d’offres : revendre une partie de son trésor de guerre à un tiers. Ironie de l’histoire, cet astérisque fut ajouté à la demande de... Canal+.

"La possibilité de revendre ses droits, c’est la plus grande connerie de cet appel d’offres. La stratégie de Mediapro consistait à ce que Canal n’ait rien, pour les inciter à passer par eux. C’était une façon de les prendre en otage."
Le président d’un club de Ligue 1

Pour Arnaud Simon et de nombreux professionnels familiers du milieu des droits télé sportifs, ça ne fait aucun doute : "Aucun élément ne laissait penser que Mediapro voulait effectivement lancer sa chaîne." Mediapro jure pourtant vouloir proposer un canal à 25 euros par mois, Jaume Roures annonçant cibler à terme "3,5 millions d’abonnés" , pour rentrer dans ses frais. Il serait gentil de qualifier ce business plan d’utopique – pour rappel, beIN Sports a mis cinq ans pour atteindre cette barre avec de la C1, des Real-Barça en pagaille et des chocs de Serie A dans son catalogue. C’est là que Canal+, piteusement éclipsé de la course aux droits par le géant espagnol, aurait fait un croche-patte aux ambitions de son rival, en refusant de racheter ses droits si chèrement acquis. C’est du moins ce qu’avancent de nombreux spécialistes. "Au vu des différends que Canal entretenait avec la Ligue, je pense qu’ils n’avaient pas envie d’aider Mediapro et in extenso la LFP, abonde Arnaud Simon. Je suis intimement persuadé qu’ils ont voulu contrarier l’objectif de plus-value de Mediapro." En attendant, les mois défilent. Le 29 novembre 2019, c’est l’UEFA qui vient taquiner les chevilles de la firme sino-espagnole, en attribuant délibérément les droits de la Ligue des champions à beIN Sports et Canal, à compter de la saison 2021-2022. Il s’agit d’un énorme revers pour Mediapro, qui semble désavoué au grand jour par l’institution européenne, non concernée par la loi Lamour de 2003. Jaume Roures crie au complot : "Il y a eu une magouille. Nos offres étaient meilleures sur les deux tours." Selon Pierre Maes, cette décision marque un tournant. "L’UEFA a clairement choisi la sécurité financière, en tranchant en faveur de la base d’abonnés déjà acquise, et non du montant du chèque." En parallèle, la chaîne cryptée fomente ce qui ressemble à une contre-attaque éclair. En décembre 2019, elle annonce qu’elle rachète pour 330 millions d’euros à beIN le lot que l’employeur de Darren Tulett et Robert Malm avait gagné lors de l’appel d’offres, à savoir les matchs du samedi 21 heures et celui du dimanche 17 heures. L’entreprise de Vincent Bolloré devient également le distributeur exclusif de beIN Sports sur toutes les plateformes à partir de juin 2020. "Canal possède alors moins de matchs que Mediapro en magasin, mais vient d’empocher 28 des 38 meilleures affiches de chaque saison" , résume Pierre Maes. Quant à la chaîne dirigée par Nasser al-Khelaïfi, elle mise sur cette alliance pour diminuer ses frais, alors que Doha semble fatiguée de renflouer chaque année les caisses. Pour la LFP et Mediapro, ce partenariat entre frères ennemis d’autrefois a peut-être un avant-goût d’apocalypse. C’est du moins ce que laisse entendre un président de Ligue 1, sous couvert d’anonymat : "La possibilité de revendre ses droits, c’est la plus grande connerie de cet appel d’offres. Je pense que la stratégie de Mediapro consistait à ce que Canal n’ait aucun droit sur la L1, pour les inciter à passer par eux. C’était une façon de les prendre en otage. Mais ça n’a pas fonctionné, à cause de l’alliance entre beIN et Canal. Sans cette possibilité de céder le contrat avec plus-value, Mediapro ne serait jamais venu."

Mediapro n’a plus le choix : son projet de chaîne, un concept dessiné à la va-vite, va devoir prendre corps. Alors que le coronavirus décapite sportivement et financièrement la saison 2019-2020, l’entreprise ibérique annonce début juin la création de Téléfoot la chaîne du foot, en partenariat avec TF1. Jean-Michel Roussier, directeur de feu CFoot en 2011-2012, puis éphémère président de Nancy, en sera le directeur d’antenne. "Tout ça a été fait à l’arrache, croit savoir un ancien président de club, retiré, mais toujours bien informé. Ils savaient assez rapidement qu’ils allaient droit dans le mur. Roussier, c’est un choix par défaut. Quand Mediapro a voulu monter une direction pour sa chaîne, ils ont approché beaucoup de monde, et tous les professionnels un peu référents ont refusé." Il reste encore à Roures une carte dans sa manche pour adoucir le sort funeste que beaucoup lui promettent déjà : se dégoter des accords de distribution avantageux. L’idée : vendre Téléfoot aux fournisseurs d’accès internet (FAI) comme un produit d’appel premium, qui leur permettra d’attirer de nombreux abonnés. Le cas échéant, le détenteur des droits demande souvent à être partiellement payé en avance, quel que soit le nombre d’abonnés recrutés. Un prix d’entrée en somme, usuellement qualifié de "minimum garanti" . Sauf que les accords de distribution se font désespérément attendre. Alors que le championnat reprend le 21 août 2020, Mediapro annonce un deal le 27 juillet avec SFR, le 14 août avec Bouygues, le 26 août avec Free et le 9 septembre avec Orange. Autant de partenariats tardifs qui n’augurent rien de bon. "Il est quasiment certain que Mediapro a touché des minimums garantis très faibles de la part des FAI, pense déceler Arnaud Simon. Il ne faut pas sortir de Harvard pour deviner ce qu’ils leur ont dit : "Vos 3,5 millions d’abonnés à 25 euros par mois, ça ne marchera jamais." Donc ils ont probablement dû signer en catastrophe." Un gnon dans le bide, un de plus. Avant de sombrer, le groupe audiovisuel n’entrevoit plus qu’une ultime lumière au bout du tunnel, un dernier espoir fou auquel se raccrocher : Canal+. Avec ses millions d’abonnés, la chaîne cryptée peut potentiellement donner à Mediapro la possibilité de toucher une pelletée de clients, via une offre couplée avantageuse, incluant Canal et Téléfoot. La quatre reconnaîtra bien avoir discuté les yeux dans les yeux avec les Espagnols, mais aucune poignée de mains ne sera échangée. Pire, Maxime Saada, le président de Canal, accuse son concurrent de tentative d’entourloupe, en ayant exigé des minimums garantis supérieurs à ceux quémandés à Free, SFR et Cie : "On connaît bien les conditions dans lesquelles on peut signer des contrats de distribution. On sait que celles qui nous sont demandées aujourd’hui ne peuvent pas avoir été acceptées par les autres FAI." Mi-septembre 2020, la chaîne du groupe Vivendi attaque Mediapro en justice.

"Mediapro a dû toucher des minimums garantis très faibles de la part des fournisseurs d’accès à internet. Il ne faut pas sortir de Harvard pour deviner ce qu’ils leur ont dit: "Vos 3,5 millions d’abonnés à 25 euros par mois, ça ne marchera jamais.""
Arnaud Simon, ancien DG d’Eurosport

Chapitre V : la river

Sans accord de distribution avec Canal et donc sans accès aux près de deux millions de souscripteurs de son offre satellite, Téléfoot fait une croix sur ses chances d’atteindre ses objectifs. La Ligue 1 ne le sait pas encore, mais la tragi-comédie est déjà terminée. Le 5 décembre 2020, c’est la fin du théâtre d’ombres. Mediapro l’annonce haut et fort : alors que sa première échéance de 64 millions d’euros avait été réglée rubis sur l’ongle, elle ne paiera plus. Jaume Roures veut même "rediscuter le contrat" d’une saison très affectée par la situation sanitaire. "On ne remet pas en cause le projet en tant que tel, mais les bars et les restaurants sont fermés, la publicité s’est effondrée... Ce sont des choses que tout le monde connaît." La LFP, piégée, saisit le tribunal de commerce de Nanterre afin d’exiger de "l’actionnaire de référence" de Mediapro (Joye Media) l’activation de la garantie figurant dans les contrats. Un pare-feu obsolète: les ordonnances prises par le gouvernement dans le cadre de la pandémie, en mai, ont renforcé le droit des entreprises en difficulté, afin d’éviter les faillites en chaîne. La Ligue est forcée d’entamer une procédure de conciliation avec son mauvais payeur, pouvant durer de quatre à cinq mois. Impossible, dans le même temps, de récupérer les droits acquis par Mediapro, malgré le retard pris sur les versements. Seul un deus ex machina chinois pourrait sauver le football français de la bérézina. Pour cela, il faudrait qu'Orient Hontai Capital, l’actionnaire majoritaire de Joye Media, consente à renflouer la firme espagnole. Il n’en sera rien, le fonds d’investissement n’étant pas légalement tenu de combler les insuffisances de Mediapro. "La garantie prise par Quillot était bidon" , confie un cadre de la chaîne Téléfoot qui souhaite garder l’anonymat. "La vérité, c’est qu'OHC n’est pas tributaire de la garantie qu’a négociée la Ligue, abonde Pierre Maes. C’est Joye Media, la société mère de Mediapro, qui l’est. Joye Media, c’est Mediapro. Si l’un n’a pas de liquidités, c’est aussi vrai pour l’autre." À la décharge de la LFP, il semblait moins hasardeux d’engager la responsabilité d’une grande société ibérique plutôt que celle d’un fonds d’investissement d’Extrême-Orient, que la justice européenne aurait beaucoup plus de mal à sanctionner. Le sauvetage du projet de Mediapro par OHC est d’autant plus improbable que la firme chinoise semble avoir reçu la consigne de rapatrier ses billets verts à la maison. "À la suite de la crise du coronavirus, le président Xi Jinping a réorienté la stratégie chinoise, pour que les entreprises concentrent leurs investissements sur le marché intérieur, analyse Tianlei Huang, chercheur spécialiste de l’économie chinoise au Peterson Institute de Washington. Ce qu’a fait OHC reflète probablement cette politique de rappel des fonds." Le dernier masque tombe, la catastrophe est actée. Après avoir obtenu en tout et pour tout 64 millions d’euros de la part de Mediapro, la LFP se contente d’une enveloppe de 100 millions d’euros versés par le groupe espagnol, qui s’exonère par la même occasion de toutes poursuites judiciaires en restituant les droits en sa possession. La compensation est largement insuffisante, si bien que la LFP doit contracter un prêt à hauteur de 112 millions d’euros mi-octobre, pour maintenir tant bien que mal des clubs sous assistance respiratoire.

Chapitre VI : le showdown

Alors que "l’affaire" Mediapro est désormais dans le rétro du foot français, vient l’heure des comptes. À qui la faute ? À Didier Quillot, qui aurait pu éviter de dérouler le tapis à Mediapro ? Au cabinet Clifford Chance mandaté par la Ligue, qui, selon certains dirigeants, leur a vendu "que Mediapro, c’était du béton" ? À la loi Lamour, qui contraint à attribuer les droits à celui qui allonge le plus de billets ? À l’attentisme et la cupidité des présidents de clubs ? Pour le député Cédric Roussel, affairé depuis octobre dernier à faire la lumière sur l’affaire Mediapro, Clifford Chance est hors de cause : "Ils n’avaient pas de mission d’audit financier, juste d’ordre juridique. Mais de toute façon, dans cette affaire, il n’y a pas UNE responsabilité qui ressort. C’est collectif." Jean-Pierre Louvel, lui, souligne la naïveté conjointe de la LFP et des présidents de clubs dans la gestion du dossier : "Mon sentiment, c’est qu’on a présenté aux présidents un offre mirobolante et que la Ligue leur a assuré qu’elle s’accompagnait de garanties suffisantes. Mais dans les milieux autorisés, on savait que Mediapro n’était pas un acteur dont on était sûr de la solvabilité. Finalement, la mariée était trop belle." L’ancien président du Havre l’a bien compris : au terme de cette partie, "tout le monde est perdant" , même le casino. Les principaux affectés restent les clubs et par extension le foot français. "Cette crise est la pire que l’on ait traversée, pose un patron de club. Dans les pays voisins, tout le monde perd énormément d’argent à cause de la Covid et des huis clos, mais ils n’ont eu ni l’arrêt du championnat ni la défaillance du diffuseur. Oui, ils ont pris un coup de poignard, mais en France, on en a encaissé trois !" En conférence de presse au mois de janvier, Nicolas Holveck estimait que le Stade rennais s’apprêtait à déclarer une perte sèche de 40 millions d’euros entre la crise sanitaire et le désengagement de Mediapro. "Certains clubs sont en danger de mort, poursuit son homologue Laurent Nicollin. Moi, je suis quelqu’un d’optimiste, donc je vais me battre pour payer les salariés et équilibrer mon budget. J’ai encore un mois ou deux de trésorerie, mais il y a douze ou treize ans d’économies qui vont disparaître en un claquement de doigt." Par un effet domino, c’est également toute la famille du sport français qui va s’en mordre les doigts, puisqu'il y a "un modèle de solidarité qui fait que le foot pro finance l’essentiel du monde amateur" , comme le rappelle le député Cédric Roussel. Avant de prendre le soin de préciser : "Et pas seulement le foot, TOUT le sport."

En 2021, le réveil est forcément brutal et pose peut-être la seule question qui vaille : quelle est la valeur réelle de cette Ligue 1 ? "Je pense qu’on l’a surestimée. La pyramide inflationniste du football européen ne pouvait pas continuer éternellement, soupire Pierre Ferracci, président du Paris FC. Si on avait pu passer de 750 millions d’euros à 900 ou 950, ça aurait déjà été super." Surtout que les offres combinées des candidats hors Mediapro auraient permis d’atteindre 1,011 milliard d’euros avec des partenaires fiables. Début février, après des semaines de négociations harassantes et de coups de bluffs, Canal remportait enfin son pari en s’adjugeant l’ensemble des matchs restants de Mediapro jusqu’à la fin de la saison, en déboursant seulement 35 millions d’euros supplémentaires. La saison 2020-2021 rapportera donc aux clubs un peu plus de 680 millions d’euros. Soit presque 500 de moins que ce à quoi ils auraient pu prétendre cette année, si Mediapro avait honoré son contrat. Et si le pire était encore à venir ? Dès cet été, il faudra déjà ressortir les jetons, le tapis et les poker face pour décider de l’avenir du football français pour les exercices 2021-2024. Malgré les candidatures remarquées d’Amazon, DAZN et Discovery lors de l’appel d’offres infructueux du 1er février, c’est bien Canal qui semble avoir la meilleure main. Si bien que la chaîne cryptée pourrait se retrouver seule à décider de la valeur du football français, dans un futur proche. Pas forcément une bonne nouvelle, d’autant que la rancœur est sans doute grande du côté du groupe de Vincent Bolloré. "J’estime que le produit L1 a été dégradé, allumait Maxime Saada lors d’une interview au Figaro, le 13 janvier. La diffusion sur Téléfoot a fortement réduit l’exposition de la compétition. Le classico PSG-OM, qui rassemblait auparavant plus de 2 millions de téléspectateurs sur Canal, n’en a rassemblé que 400 000. Le même soir, Canal a fait mieux avec un match de Top 14..." Si la sortie sent le sarcasme à plein nez, cela présage surtout que, lors de la prochaine main, la quatrième chaîne n’aura pas besoin de lâcher tous ses jetons pour remporter le pot. À voir si le football français pourra faire mieux que de se coucher.

La menace du piratage des diffusions de match revient en force ces derniers temps. Au point qu’elle constitue un des points essentiels de ce qui reste du grand projet de loi "Sport et société" actuellement discuté à l’Assemblée nationale. Mais d’un certain point de vue, répressif, on oublie que la généralisation du procédé relève presque, quelque part, d’une légitime défense des amoureux du ballon rond devant l’augmentation permanente du coût du foot.
ds 0379Il existe tellement d’idées fausses auxquelles il faut tordre le cou autour de ce fameux phénomène du piratage. D’abord, la difficulté d’en évaluer le préjudice. Les chiffres cités par les acteurs économiques du monde sportif (clubs, chaînes de télé, etc.) et en particulier du foot (la Ligue ose même balancer 500 millions d’euros...) repose sur de fausses suppositions. Dont cette incroyable conviction que toutes les personnes qui s’embêtent à scruter leur streaming incertain ou figé sur leur ordi ou leur tablette seraient prêts à payer le coût, de plus en plus onéreux, d’un abonnement légal. Se baser sur une telle utopie illustre à quel point la réalité sociale échappe complètement aux dirigeants du foot pro. Le fiasco Mediapro l’avait d’ailleurs illustré. Que ce soit la LFP ou les diffuseurs potentiels, tous paraissent persuadés de l’existence d’un puits sans fond de clients capables de débourser n’importe quelle somme, non seulement pour la Ligue des champions, mais aussi la L1 voire la L2. Une addiction collective qui ne serait donc jamais calmée, peu importe le contexte économique. Il y aurait beaucoup à dire sur la rationalité du capitalisme sportif...

Le prix de l’amour ?
Naturellement, la réalité du terrain s’avère bien différente. Le premier point reste que les «?fraudeurs?» paient en fait déjà pour s’enthousiasmer ou pleurer devant leur match. À commencer par leur box internet, pour laquelle ils doivent payer tous les mois. La relation à la gratuité de tout contenu en ligne doit se penser en ces termes. Pas besoin donc de convoquer Proudhon et son mal compris «?La propriété c’est le vol?» . La musique et le cinéma ont déjà été confrontés à cette évolution. Les tentatives de freiner le piratage face à l’amplification massive de la consommation numérique et l’accélération des avancées technologiques (du haut débit à la 5G) ont contraint ces industries du divertissement à repenser leur modèle, en multipliant les parades. De fait, le succès des plateformes comme Netflix (qui doivent aussi composer avec la circulation des codes d’accès) ou des sites de streaming musicaux (avec leur double version : gratuite et pub, payante sans pollution...) l’illustre parfaitement.
Le monde du foot a de son côté bien du mal à penser la suite. Il n’en a presque pas envie. Il se plaint, réclame son dû ou quémande auprès de l’État. Il traite le public en délinquant qui refuserait de payer, même s’il n’en pas envie. Il s’enferme par exemple dans son incapacité à comprendre que Mediapro fut autant une déroute financière qu’un Waterloo culturel. Les patrons du foot pro tricolore en étaient arrivés à croire, ou plutôt à exiger, que leur «?produit?» valait un milliard, pour ensuite se lamenter que les gueux n’acceptent pas de s’acquitter de la dîme. Comment n’ont-ils pu comprendre que depuis des années, la montée du piratage résulte autant d’une amélioration de la connexion chez les particuliers qu’elle s’apparente à une sorte de résistance passive à cette flambée des prix ? Le plus paradoxal au demeurant reste d’observer les pontes du ballon rond désormais courir après les supposés nouveaux modes de dégustation de la jeunesse (extraits en ligne des plus beaux buts, ne payer que les quinze dernières minutes...), tandis qu’ils méprisent ceux et celles qui persistent au contraire à travers le piratage à préserver un rapport traditionnel et entier au foot, à l’aimer sur la durée de la saison ou de 90 minutes, y compris un 0-0 de la 22e journée de Ligue 2.

Légitime défense sociale
Légalement, nul débat. Le piratage et le recours au streaming sont hors jeu. Culturellement, il s’agit presque d’un hommage, ou plutôt d’une tranchée pour tenir la position devant l’effondrement du foot d’avant. Et nous sommes nombreux en ce moment à creuser des tranchées pour tenir. Sur le plan social ou politique, effectivement, le piratage ressemble à une légitime défense. Surtout dans un contexte où toutes les alternatives (voir le match au stade, dans un bar ou chez un ami) ont disparu. Ceux qui en possèdent les murs, les gradins, les caméras et les droits peuvent peut-être vendre le foot, mais le foot ne leur appartient pas pour autant. Pas davantage qu’un bar n’est finalement la propriété de son patron, mais plutôt de ses habitués. Les ultras et ceux qui regardent le foot en streaming ont en commun, en outre d’être souvent criminalisés, d’être les derniers à aimer le foot sans penser qu’ils faillent toujours en payer le (bon) prix.

Pour faire face à la crise sanitaire et atténuer la baisse de revenus liée au conflit sur les droits télé, certains clubs sont parvenus à baisser les salaires de leurs joueurs ou se sont attaqués aux primes. D’autres, en revanche, n’ont pas bougé.
ds 0378aLens, Reims et Angers, les précurseurs
Dès la fin du mois de janvier, le RC Lens avait lui-même révélé l’information : « Un accord sur la baisse des rémunérations a été obtenu auprès de l’ensemble des collaborateurs du club ». Selon L’Équipe, les salaires seraient réduits entre 5 et 20 % avec plafonnement selon les tranches d’imposition des salariés concernés. Reims a également lancé le mouvement via une lettre ouverte rédigée par les joueurs : « Parce qu’il nous faut tous agir, parce que le football est l’exemple même de l’expression collective, nous avons échangé avec la direction du club et avons tous - absolument tous les joueurs comme les membres du staff - consenti spontanément à une baisse significative de nos salaires de janvier à juin 2021 ». Un effort qui permettrait au club de faire une économie de 2,7 à 3 M€.

Du côté d’Angers, l’idée est la même. Les joueurs et l’encadrement du club ont accepté des baisses de salaires allant de 10 à 30 % pour la fin de la saison.

Du cas par cas dans d’autres clubs
À Montpellier, ça n’a pas traîné non plus. Le club héraultais a été l’un des premiers à annoncer des baisses de salaires. Une grande majorité de joueurs aurait accepté de signer un avenant pour limiter les salaires et/ou les nombreuses primes prévues, jusqu’en juin. À Bordeaux, en l’absence d’accord collectif, des négociations au cas par cas auraient eu lieu. Selon L’Équipe, les éléments en fin de contrat en auraient été exemptés, à l’instar des jeunes qui ne gagnent pas assez pour être concernés.

ds 0378bLyon : baisse de salaire contre acquisition d’actions
Jamais à court d’idées, Jean-Michel Aulas, le président lyonnais, a proposé à ses joueurs une baisse des rémunérations affectant les salaires supérieurs à 50 000 euros mensuels. Un effort compensé par des primes de résultats ou l’acquisition d’actions du club avec l’espoir d’une plus-value. Le 8 mars, l’OL a informé qu’une partie de ses joueurs et joueuses avait accepté sa proposition de devenir des actionnaires d’OL Groupe, en contrepartie d’une baisse de salaire temporaire pour faire face à la crise liée à la covid-19.

À Brest, plusieurs pistes à l’étude
Au Stade Brestois, où l’effort se veut collectif, les discussions sur les baisses de salaires ont été entamées avec les joueurs et le staff. Une réunion s’est tenue la semaine dernière, car « nous voulions attendre de savoir ce qui allait réellement nous manquer en fin de saison pour proposer quelque chose de précis, témoigne Grégory Lorenzi, directeur sportif. Les discussions sont en cours, elles sont constructives et nous avons prévu de refaire bientôt un point ». Plusieurs pistes sont à l’étude, comme un pourcentage commun sur une éventuelle baisse de salaires, ou l’ajustement du variable, comme les primes de match.

PSG : le grand flou
Au micro de RTL, il y a une dizaine de jours, Marquinhos a assuré que les joueurs ont une nouvelle fois fait des efforts financiers pour aider le club dans la crise. « Personne ne l’a dit mais ça a été fait, ça a été mis en place », a expliqué le capitaine du PSG. Pourtant, il est assez peu probable que le club parvienne à baisser les rémunérations de Kylian Mbappé et Neymar (les plus élevées de la Ligue 1) alors même qu’il négocie actuellement la prolongation de contrats de ses deux cracks.

Rennes, statu quo
Contrairement à d’autres écuries de Ligue 1, les joueurs du Stade Rennais n’ont, pour l’heure, consenti aucune baisse de salaires et aucune démarche n’a été entreprise en ce sens. Ce qui n’empêche pas le club de s’interroger sur la gestion des contrats signés cet été, et notamment sur ceux de longue durée (jusqu’en 2024 ou 2025).

Lorient : négociations en cours
Dans l’optique des négociations sur d’éventuelles baisses de salaires au FC Lorient, le président Loïc Féry a rencontré joueurs et staff du club le mois dernier. « Il nous a réunis de manière collective pour nous expliquer la situation financière du club, avait alors expliqué l’entraîneur Christophe Pelissier. Chaque membre du staff et joueur a aussi été reçu par la direction. Les négociations sont en cours ».

Haro sur les primes
Dans une interview accordée au journal So Foot, Jacques-Henri Eyraud, l’ancien président de l’OM, explique avoir demandé aux joueurs de renoncer à toutes les primes de match. « Ils ont accepté ma demande, révèle celui qui a depuis été remplacé par Pablo Longoria. Ce qui fait une jolie somme… » Idem à Bordeaux, où, selon L’Équipe, les primes de victoire (1 600 €) ont été gelées jusqu’à nouvel ordre.

Ligue 2 : Guingamp aussi
Si le conflit sur les droits télé impacte moins les clubs de Ligue 2, puisque les montants dont ils devaient profiter étaient nettement moins importants, certains ont toutefois entrepris des baisses de salaires pour atténuer, par ailleurs, les pertes liées à la crise sanitaire. C’est le cas à Guingamp notamment. « C’est en cours, a expliqué le président Fred Le Grand. Il y a d’ores et déjà des signes positifs de la part de plusieurs joueurs. On les a rencontrés et nous sommes en phase de finalisation ». Celle-ci devrait intervenir cette semaine.

C’est un long serpent de mer, qui devrait enfin aboutir à la rentrée 2021. Le Stade Rennais est sur le point de concrétiser le projet de création d’une nouvelle section féminine, d’abord en jeunes, puis chez les seniors, dans les prochaines années. Il faut remonter aux années 1970 pour voir trouver la dernière équipe féminine du Stade Rennais.
ds 0377Le Stade Rennais est l’un des rares clubs de Ligue 1 à ne pas posséder de section féminine. Seize d’entre eux ont une équipe évoluant en D1F ou en D2F. Cette incongruité devrait s’achever dès la saison prochaine.

C’est Romain Danzé qui porte le projet au sein du club. "Avec le Covid, les choses ont pris du retard, il reste des choses à peaufiner, mais le projet est en train de se concrétiser", déclarait l’ancien capitaine Rouge et Noir, mercredi, lors de la présentation des célébrations des 120 ans du club.

D’abord, des sections jeunes
Dans un premier temps, cette section féminine du Stade Rennais devrait concerner des équipes jeunes et non des seniors. Le club avance pas à pas et prudemment pour ne pas non plus marcher sur les plates-bandes des autres clubs. Mais des jeunes filles ont certainement très envie de porter et de défendre sur un terrain les couleurs du Stade Rennais.

Un long chemin avant une équipe féminine dans l’élite
L’étape suivante sera la création d’une équipe senior. À moins d’obtenir une dérogation, il faudra que le club démarre en bas de l’échelle, à savoir en District. Il faudra ensuite monter en Régional 2, puis en Régional 1, avant d’espérer atteindre le niveau national et la D2F et enfin la D1F, où se doit d’évoluer un club comme le Stade Rennais. En Bretagne, seul Guingamp évolue au plus haut niveau. Brest et Nantes, dont la section féminine est récente, sont en D2F, avec Saint-Malo.

Aucune équipe féminine depuis 1976 !
"Sans la présence de Yolande Clossais à Rennes, il est probable que le foot féminin ne serait pas encore né dans la capitale bretonne", constate Ouest-France en avril 1973. La toute nouvelle équipe du Stade rennais doit son existence à cette sportive. "Un garçon manqué, elle ne manque pas de l’avouer." Elle a grandi en Corse avec ses deux frères et joué à leurs côtés. Quand elle arrive à Rennes et découvre "avec stupéfaction", qu’il n’y a pas d’équipe, elle sollicite le journal et lance un appel. "Le facteur lui apporta 90 réponses" relate le quotidien.

L’équipe est lancée et joue contre Saint-Malo, Vitré. Elle accueille même le club anglais de Chelsea. "Nous portons les couleurs du Stade rennais, mais c’est tout juste si nous sommes tolérées", dénonce Yolande Clossais. "On nous prête un terrain, des vestiaires. Mr Garel supervise notre entraînement, un point c’est tout. Pour le reste c’est le système débrouille."

La capitaine révèle que pour ce match contre les Anglaises, elles ont dû tout faire. "Contacter la fédération, la ligue, trouver des amis pour qu’ils contrôlent les entrées, chercher des arbitres de touche, prendre en charge les boissons. Nous avons beau être habituées à agir par nous-mêmes, cela ne pourra durer éternellement." Un signal pas entendu à l’époque. L’équipe féminine a disparu en 1976.

Actuel sélectionneur de l’équipe de Guadeloupe, Jocelyn Angloma (55 ans) a achevé sa formation à Rennes et a évoqué ses souvenirs à Actufoot avant la rencontre face à l'OM
ds 0376Marseille et Rennes se sont affrontés hier soir dans le cadre d’un match en retard du championnat de L1. Après avoir achevé son parcours de formation chez les Rouge et Noir, un des meilleurs défenseurs de son époque en club et sous le maillot des Bleus (37 sélections), a notamment été l’auteur d’un passage marquant dans la cité phocéenne. Pour Actufoot, il a accepté d’évoquer ses souvenirs dans les deux clubs et notamment ses débuts au Stade Rennais entre 1985 et 1987 alors qu’il aura également porté les couleurs du LOSC, du PSG, du Torino, de l’Inter et de Valence en Espagne : « Je suis arrivé à Rennes dans un premier temps puis j’ai fait quatre ans à Marseille où j’ai pratiquement tout gagné, donc c’est particulier. »

L’OM, son club de cœur
Vainqueur de la Ligue des Champions avec les Olympiens, les souvenirs sont évidemment très particuliers. même s’il n’oublie pas que tout a commencé à Rennes, en Bretagne : « Ça reste LE club de ma carrière quand même, pour y avoir remporté la Ligue des Champions. Je suis aussi passé dans des clubs où j’ai vécu de supers moments, notamment à Valence où j’ai fait cinq ans. Je suis arrivé très tard dans le foot, à 20 ans. C’étaient mes débuts et j’étais content de pouvoir jouer rapidement car j’étais stagiaire à l’époque. J’ai pu jouer par dérogation en première division donc ça reste de supers moments » exprimait une des légendes du maillot Bleu.

Au micro de CBS, Jordan Siebatcheu a déclaré qu'il avait choisi de jouer pour les États-Unis.

ds 0375L'ancien joueur du Stade de Reims et du Stade rennais pouvait également prétendre à la sélection du Cameroun ou à l'équipe de France.

Aujourd'hui aux Young Boys de Berne, où il a inscrit neuf buts en vingt-deux matchs de championnat, le buteur de 24 ans a exprimé sa joie à l'idée de potentiellement faire partie à l'avenir de la team USA : "?Oui, j'ai décidé. J'ai fait mon choix il y a quelques semaines. Je serai très heureux de jouer pour l'USMNT (la sélection américaine). Actuellement, je suis concentré sur ma saison avec les Young Boys, et j'espère jouer avec l'équipe nationale si l'occasion se présente.?"

L’information avait fuitée dès ce mardi dans les colonnes du journal l’Equipe et se confirme aujourd’hui, via l’AFP : Bruno Génésio, 54 ans, sans club depuis la fin de son aventure en Chine au Beijing Guoan, est le successeur de Julien Stéphan, démissionnaire, à la tête de l’équipe professionnelle du Stade Rennais F.C.
ds 0374L’ancien coach de l’OL, né à Lyon, rejoint le club breton pour un contrat de 28 mois avec pour objectif, déjà, de retrouver la cinquième place (et du jeu?) puis d’installer la formation rennaise dans le premier tiers du classement. Ce choix « étiqueté » Florian Maurice place désormais le directeur sportif du club devant ses responsabilités, son ancien coéquipier puis collaborateur devant prouver que l’on doit faire mieux avec l’effectif qu’il a construit l’été dernier aux côtés de Nicolas Holveck et Julien Stéphan. Après Romain Del Castillo, Martin Terrier et Clément Grenier sur le terrain et Philippe Bizeul (dont l’avenir après l’intérim du jour n’a pas filtré) dans le staff, la présence d’ex-rhodanien en "Rouge et Noir" se renforce encore un peu plus. De là à imaginer Jean-Michel Aulas et Juninho bientôt sur les bords de Vilaine ?

En attendant, Rennes démarre ce nouveau chapitre de son histoire ce soir à … Lyon, où Bruno Génésio ne sera toutefois pas sur le banc.

Le désormais ex-entraîneur de Rennes explique les raisons qui l’ont poussé à démissionner et tient à remercier l’actionnaire, le club et les supporters.
ds 0373aAu lendemain de sa démission du poste d’entraîneur du Stade Rennais, Julien Stéphan prend la parole dans un communiqué où il explique une décision "difficile et mûrement réfléchie". Il y remercie aussi l’actionnaire François Pinault, la direction du club et les supporters avec qui "il a partagé des émotions uniques".

Voici donc les premiers mots de Julien Stéphan depuis sa démission, à l’image de l’homme sobres, justes, sincères :

"L’analyse de la situation, après notre défaite contre Nice, m’a conduit à présenter ma démission à mes dirigeants ce week-end. Je quitte le Stade Rennais le cœur gros mais avec le sentiment d’avoir toujours donné le meilleur de moi-même pour le bien du club.

Cette décision, difficile à prendre, est mûrement réfléchie. J’estime avoir fait tout mon possible, ces dernières semaines, pour sortir l’équipe de la spirale négative qui était la sienne depuis le début de l’année et que rien ne laissait présager après une première partie de saison prometteuse, puisque Rennes comptait 33 points à la fin de la phase aller. J’espère de tout cœur qu’avec un autre discours et une autre méthode, les joueurs renoueront avec des résultats plus conformes à leur niveau.

A l’heure de mon départ, je tenais à témoigner ma profonde gratitude à Monsieur Pinault et à son fils, François-Henri, pour leur confiance et leur soutien indéfectibles. Travailler au service de leur club fut un privilège, un honneur et je suis fier d’avoir partagé avec eux des joies intenses, comme lors de notre victoire en Coupe de France, ce titre tant mérité au regard de leur fidélité et leur investissement pour le club.

ds 0373bNeuf saisons inoubliables
Si mon passage au Stade Rennais ne se termine pas comme je l’aurais souhaité, je quitte le club avec le sentiment d’avoir toujours fait le maximum. Que ce soit en tant que formateur ou entraîneur des pros, j’ai passé neuf saisons inoubliables dans le club de la ville où je suis né. Ces moments de bonheur, je les dois aussi à tous les dirigeants qui m’ont confié des responsabilités dans l’encadrement technique du club. Que chacun d’entre eux soit certain de ma reconnaissance.

Je voudrais adresser mes sincères remerciements au président Nicolas Holveck et Florian Maurice, pour l’aide qu’ils m’ont apporté, le respect qu’ils ont témoigné à mon travail et mon métier, et plus généralement à tous les collaborateurs du Stade Rennais, l’ensemble des salariés dont je connais l’attachement et l’implication dans leur mission, les membres du staff dont la compétence, la rigueur et la loyauté méritent d’être soulignées.

Un entraîneur n’est rien sans ses joueurs et je sais ce que je dois à chacun de ceux que j’ai dirigés. Je leur souhaite le meilleur pour la suite de leur carrière.

Un immense merci, enfin, à vous, les supporters. En toutes circonstances, vous avez été formidables. Nous avons partagé des émotions uniques, qui me resteront gravées à jamais.

Je souhaite beaucoup de bonheur à ceux qui soutiennent et ceux qui font le Stade Rennais.

Sans Julien Stéphan, le Stade Rennais peut-il encore accrocher l'Europe ?

ds 0372
"Coach,
Je vous remercie sincèrement pour tout car grâce à vous j’ai découvert le monde « adulte » de la N3 à la ligue 1 en passant par la ligue des champions.
Je vous dois beaucoup, vous m’avez toujours mis dans les bonnes conditions, merci pour vos conseils si précieux.
Je ne doute pas que votre avenir sera remplis de réussite car vous le méritez
God bless 💪🏾🙏🏾"
Source : Insta Camavinga

La nouvelle est tombée ce matin, Julien Stéphan n’est plus l’entraîneur du Stade Rennais. Il a démissionné.
ds 0371Julien Stéphan n’est plus l’entraîneur du Stade Rennais, il a démissionné de ses fonctions, comme annoncé par L’Equipe. Après un dernier revers cuisant face à Nice (1-2), autre équipe malade, l’ex-entraîneur avait tenu des propos flous sur son futur. Lui qui égalait sa pire série à la tête du Stade Rennais, a décidé de quitter le navire.

Le Stade Rennais a pris acte de la décision de son entraîneur.

Son adjoint, Philippe Bizeul, assurera l’intérim à la tête de l’équipe.

Alors qu'il n'a pas encore été présenté par le club, un maillot qui pourrait bien être celui des 120 ans du Stade Rennais est disponible à la vente sur certains sites spécialisés.
ds 0370aUne bande rouge verticale sur un fond noir, un logo et des sponsors en écriture dorée : un maillot qui pourrait bien être celui prévu par le Stade Rennais pour célébrer ses 120 ans d'existence (le 10 mars prochain) a fuité sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours. Il est même disponible à la vente sur certains sites spécialisés.
Pour ses 100 ans, le Stade Rennais avait également édité un maillot spécial, avec une bande rouge diagonale sur fond noir. Le maillot qui a fuité depuis quelques temps s'en inspire en partie. Le Stade Rennais fêtera ses 120 ans le dimanche prochain, alors que les joueurs seront en déplacement à Marseille pour jouer leur match en retard contre les Phocéens.

Autre détail historique : les noms des quatre étudiants fondateurs du club, Duchesne, Philippe Ghis, Henri Jamin et Paul Peter apparaissent sous le col au dos du maillot :

ds 0370b

Porté disparu depuis plusieurs mois, Firmin Mubele vit un calvaire depuis près d'un an du côté de Toulouse !
ds 0369Porté disparu depuis plusieurs mois, Firmin Mubele n’est plus en odeur de sainteté du côté de Toulouse, transféré en grandes pompes il y’a 3 ans. Auteur de deux saisons pleines du côté de Rennes entre 2016 et 2018, l’espoir renaît pour l’attaquant de 26 ans, retenu dans le groupe professionnel des Violets par Patrice Garande le 11 janvier pour la 19e journée de la Ligue 2 contre Caen. Resté sur le banc, 2021 commence mal pour un joueur qui a traversé plusieurs épreuves : depuis un mercato estival agité et sa mise à l’écart sportive, le natif de Kinshasa a contracté le Covid-19, ce qui n’aura pas contribué à arranger sa situation. Son dernier match officiel disputé remonte au 25 septembre 2019 avec Astana au Kazakhstan lors de son prêt. Ce jour-là, l’international congolais avait disputé 4 petites minutes seulement…

Même s’il s’entraîne sous les ordres de Patrice Garande, Firmin Mubele ne peut pas évoluer avec la réserve, les championnats étant arrêtés. Depuis le confinement, il se contente donc d’entraînements et d’oppositions en interne. Acheté a prix d’or (6 millions d’euros) au Stade Rennais, il n’aura donc jamais convaincu du côté de la Garonne. Au total, il a marqué 2 buts en 28 matchs avec les Violets, toutes compétitions confondues en plus de deux saisons et son contrat arrive à son terme d’ici six mois. Bénéficiant de touches avec des clubs turcs lors de ce mercato hivernal, Transfermarkt évaluait son prix à 1 million millions d’euros, loin de ses 6 millions d’achat par Toulouse en 2018. Si la période des transferts est close depuis hier, l’international congolais semble toujours dans une impasse…

Élégant attaquant du Stade Rennais de 2007 à 2010, Mickaël Pagis a remisé les crampons il y a dix ans. Depuis, il ne s’est guère éloigné du football, entre le beach soccer, sa nouvelle passion, et son poste d’entraîneur des attaquants de l’Académie Rouge et Noir.
ds 03681 Sa reconversion : au service des attaquants
S’il a mis fin à sa carrière en 2010 au Stade Rennais, Mickaël Pagis n’a jamais vraiment déchaussé les crampons. Entraîneur adjoint de la réserve du club bretillien pendant trois ans, il est, depuis deux ans, entraîneur des attaquants de l’Académie. "J’ai un groupe de 15 joueurs de U17 au National 3. Le métier d’entraîneur ne m’attire pas. Mais partager mon vécu sur un poste que je connais, ça me plaît bien", explique l’ex-avant-centre de 47 ans.

Entraîneur des attaquants, une fonction qui n’existait pas il y a encore quelques années. "Quand j’étais joueur, on se prenait en charge tout seul. Or, marquer reste ce qu’il y a de plus difficile dans le foot. Il n’y a pas encore de diplôme d’entraîneur des attaquants, mais c’est à l’étude".

2 Rennes, son port d’attache
Sa carrière terminée, Mickaël Pagis, originaire du Maine-et-Loire, est resté à Rennes. "J’ai toujours eu une activité ici, je n’avais pas de raison de partir. Je suis père de trois enfants que j’ai fait beaucoup bouger, on avait besoin de stabilité".

Son port d’attache, il ne l’a pas trouvé en plein cœur de la capitale bretonne - je ne suis pas très ville (rires) - mais à Pont-Péan, à une dizaine de bornes plus au sud.

3 Une nouvelle passion : le beach soccer
Le foot terminé, Mickaël Pagis n’a pas eu le temps de gamberger. À l’été 2010, il intègre l’équipe de France de beach soccer, sollicité par Eric Cantona. Comme une évidence pour ce joueur à la technique soyeuse et capable de gestes de classe. "Mes qualités correspondaient à ce qu’on attend d’un joueur de beach". L’aventure dure quatre ans, et lui permet "de couper progressivement. Je n’ai pas connu d’arrêt brutal, ce qui aurait pu être difficile à vivre".

Le beach devient sa nouvelle passion. "Dès le début, j’ai été piqué". Une passion qu’il veut transmettre. "À La Mézière (au nord de Rennes), il y a un terrain en indoor où j’ai organisé des initiations". Dans la foulée, il pousse pour créer un terrain en extérieur. Il trouve une oreille attentive au Rheu, toujours dans la banlieue rennaise, et deux terrains sortent de terre en 2017. Les premiers en Bretagne. "Aujourd’hui, j’ai moins de temps, mais je suis toujours partant pour organiser des séances avec les clubs."

4 L’héritage : Pablo dans les pas du père
Le milieu du football n’a sans doute pas fini d’entendre parler des Pagis. Après Mickaël, le père, c’est au tour de Pablo, son fils de 18 ans, de tenter sa chance. Son poste ? Attaquant, évidemment !

"Il a le même profile que son père (rires) ! Il joue en N2 au FC Lorient. C’est un passionné, je l’encourage, sans lui mettre de pression. J’essaie de le protéger de ce qui pourrait l’empêcher d’avancer. L’important, c’est qu’il garde sa flamme de footballeur, c’est ce qui m’a guidé toute ma carrière".

Mickaël Pagis, un beau joueur à la carrière ascendante"Mi-numéro 10 mi-attaquant, pas très puissant", Mickaël Pagis a vite pris conscience que son profil était déjà rare lors de sa carrière de joueur, de 1993 à 2010. "J’ai eu une maturité plus longue que d’autres, et j’étais introverti, on ne me remarquait pas". De vraies qualités techniques, de l’instinct, de la vista et le sens du but. Mélangez le tout et vous obtenez une carrière ascendante, débutée entre le National (Gazélec Ajaccio, Châtellerault) et la Ligue 2 (Laval, Nîmes), avant d’éclore en Ligue 1, à 27 ans, à Sochaux. Puis Strasbourg (2004-2006), l’OM (2006-2007) et Rennes (2007-2010). Avant l’heure de dire stop, en 2010, à 36 ans. "Ce qui m’a fait basculer, c’est que la dernière année, je ne jouais pas avec Fred Antonetti. Je voyais bien que j’avais du mal à rivaliser sur le plan athlétique avec des défenseurs toujours plus costauds. Et puis j’étais épuisé par les déplacements, les hôtels". A Rennes, son récital lors de son triplé "pagistral" face à l’OL de Lloris en 2008 n’est pas prêt de tomber dans l’oubli.

Fin de l'aventure parisienne pour le virtuose burkinabé.
ds 0367Jonathan Pitroipa n'est plus un joueur du Paris FC. Le club francilien a officialisé ce mardi la fin de sa collaboration avec l'ancien Rennais, à six mois de la fin de son contrat. Pourtant brillant depuis son repositionnement en tant que milieu relayeur cette saison, le joueur du 34 ans avait vu ses relations avec son entraîneur René Girard se rafraîchir ces dernières semaines.

Selon Le Parisien, Pitroipa aurait eu des mots durs à l’égard du coach français, qui avait décidé de le sortir à la pause de la rencontre face à Troyes, le 5 décembre dernier. Le Paris FC aurait ainsi choisi de le sanctionner en l’excluant du groupe. Résultat, il n'a plus joué depuis cette fameuse rencontre. Et le voilà libre de s'engager dans le club de son choix.

Le Guide Michelin a dévoilé son palmarès 2021. Dans le Finistère, le Moulin de Rosmadec à (Pont-Aven) décroche sa première étoile.
ds 0366Le Guide Michelin a révélé lundi 18 janvier 2021 la liste des chef(fes) qui décrochent une étoile. Il n’y en a qu’un seul dans le Finistère. Il s’agit du Moulin de Rosmadec à Pont-Aven.

Le restaurant a été entièrement refait à neuf par le propriétaire, le groupe hôtelier Ruello. Le chef, Sébastien Martinez, est en poste depuis mars 2020. Ce dernier, originaire de Rennes (Ille-et-Vilaine) est passé par de grandes maisons parisiennes : La Grande cascade, Le Pavillon Ledoyen, Le Cinq.

Terroir local
Au Moulin de Rosmadec, il propose une cuisine inspirée du terroir local, à la touche bretonne. Sur place, le chef travaille en binôme avec Cédric Bilien, le directeur du restaurant.

En tout, cette année, les inspecteurs du Guide Michelin ont décerné 54 nouvelles étoiles. La liste complète est à retrouver sur son site internet.

On attend avec impatience la réouverture des restaurants pour aller célébrer ces victoires à table !

Les négociations continuent entre Canal + et la LFP dans l’optique de la nouvelle répartition des droits TV. Dans l’attente qu’un nouvel appel d’offres soit lancé, Maxime Saada, le patron de la chaîne cryptée, a détaillé dans un courrier son offre de pay-per-view. Un dispositif qui consisterait à payer pour visionner la rencontre de son choix.
ds 0365C’est à travers un courrier adressé à la Ligue de football professionnelle, auquel nos confrères de RMC Sport ont eu accès, que Maxime Saada a précisé son offre de pay-per-view pour la Ligue 1 et la Ligue 2. Alors que les négociations se poursuivent entre la LFP et Canal +, qui reste dans l’attente qu’un nouvel appel d’offres soit officiellement lancé pour la redistribution des droits TV du football français, le patron de la chaîne cryptée a avancé encore un peu plus ses pions sur l’échiquier et démontré qu’il planchait activement à une solution. Même temporaire. Parce qu’un tel dispositif n’a pas vocation à s’installer durablement… ?"Dans l’intervalle, et si la tenue d’un appel à candidatures devait prendre plus de temps, nous vous proposons de rendre accessibles ces matchs en Pay Per View sur notre plateforme MyCanal, écrit Maxime Saada dans son courrier adressé à la Ligue. Dans cette hypothèse, Groupe Canal + assurerait les prestations techniques nécessaires permettant à tout consommateur, abonné ou non aux offres Canal +, d’y accéder, sur la base de modalités à définir entre nous."

Les recettes seraient reversées à la LFP
Une offre de bonne grâce, dans la mesure où le diffuseur historique du football français, qui a annoncé vouloir restituer dans un premier temps le lot 3 dont il avait fait l’acquisition, n’aurait financièrement pas à y gagner puisqu’elle "reverserait à la LFP l’intégralité des recettes y afférentes déduction faite des coûts supportés", par son groupe.

L’idée du pay-per-view (télévision à la carte) donne l’opportunité aux consommateurs d’accéder à la rencontre de leur choix contre le paiement d’une somme largement inférieure à un abonnement classique. Une offre, à laquelle la LFP semble aussi réfléchir en interne avec la création de sa propre chaîne, qui peut s’avérer particulièrement intéressante pour les supporters d’un club bien précis mais beaucoup moins pour un suiveur attentif des championnats de Ligue 1 et de Ligue 2.

"Mediapro a irrémédiablement altéré la valeur et l’image des droits"
Et si c’était le meilleur pansement pour soigner temporairement la plaie actuellement ouverte ? Car Mediapro, qui a abandonné les droits faute de pouvoir en assurer la responsabilité financière, a garanti qu’il continuerait à assurer à ses frais la retransmission des rencontres jusqu’au 31 janvier, au plus tard. Une date butoir qui pourrait faire craindre l’écran noir… ?"Cette solution (de pay-per-view) nous semble la seule à même d’éviter notamment la solution qui consisterait à continuer de diffuser les matches par l’intermédiaire de Mediapro, alors que cet opérateur est défaillant, a profondément déstabilisé notre secteur et a irrémédiablement altéré la valeur et l’image des droits dont vous avez le mandat de commercialisation", précise Maxime Saada.

Consultant sur la chaîne Téléfoot depuis son départ du Stade Rennais l’été dernier, Sylvain Armand rebondit en Ligue 1 du côté de Lille. L’ancien défenseur a été nommé coordinateur sportif et retrouve Olivier Létang, le président avec lequel il collaboré pendant près de deux ans au SRFC.
ds 0364Sylvain Armand retrouve Olivier Létang, avec qui il a collaboré au Stade Rennais entre janvier 2018 et février 2020. L’ancien coordinateur sportif du club Rouge et Noir devient dès aujourd’hui celui de Lille où a été nommé président Olivier Létang le 18 décembre dernier. "Le LOSC a le plaisir d’officialiser l’arrivée de Sylvain Armand au sein de son organigramme, a informé le club nordiste à travers un communiqué publié sur son site internet. Olivier Létang renouvelle sa confiance en Sylvain Armand suite à la réussite de leur récente collaboration, lui qui l’avait nommé à ce poste de coordinateur sportif en 2018 au Stade Rennais."

Titulaire d’un diplôme de management du Centre de Droit et d’Economie du Sport, Sylvain Armand va œuvrer à ?"organiser le quotidien du secteur sportif de l’équipe professionnelle, en concertation avec le staff technique et la direction du club" mais également ?"faciliter l’intermédiation entre les différents services au sein du LOSC, notamment la détection et le recrutement".

Grégory Bourillon comptabilise plus de 400 matches en professionnel. Retraité depuis la saison dernière, celui qui a été formé à Laval aurait pu rejoindre le centre de formation des Girondins de Bordeaux, mais a finalement choisi celui du Stade Rennais. Suiveur attentif du monde du football mais aussi du club au scapulaire, il possède un avis précis sur notre actualité, mais aussi sur de nombreux joueurs (ou anciens) bordelais qu’il a côtoyé tout au long de sa riche carrière. Rennes, Paris, Lorient, Reims, Angers, Châteauroux, une carrière bien pleine, mais aussi une très belle image, celle d’un joueur sans frasques, et donnant toujours tout pour le maillot que ce soit en défense ou au milieu de terrain. Nous avons partagé un vrai bon moment en sa compagnie, et avons retrouvé l’image que nous nous faisions de lui

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Quand on vous parle des Girondins de Bordeaux, quelle image avez-vous du club ? Y-a-t-il des souvenirs particuliers de leur histoire qui vous viennent en tête ?

Le premier souvenir qui me vient en tête c’est l’année du titre acquis au Parc, avec l’époque de Feindouno, etc… Ca remonte déjà pas mal, je n’avais pas encore commencé ma carrière pro. Je me souviens de ce soir-là quand ils avaient été titrés sur ce dernier match. C’est vrai qu’à mon époque, à chaque fois que j’affrontais Bordeaux, c’était une grosse cylindrée du championnat. Ca s’est modifié ces derniers années puisque les résultats sont moins bons qu’à une certaine époque. Pour ma part, ça a toujours été compliqué de jouer à Bordeaux. De mémoire, je crois que je n’ai jamais gagné à Chaban. J’ai gagné une fois au Matmut mais sinon, à Chaban, je n’ai jamais réussi à gagner. C’était toujours de bonnes équipes avec de bons joueurs. Ca jouait bien au ballon, c’était une équipe qui était agréable à voir jouer. C’était toujours compliqué, on savait que ça allait être des matches compliqués en venant jouer à Chaban. Après, c’était aussi toujours un déplacement agréable parce qu’on connaît la ville et le climat. C’était agréable pour le confort, mais pas vraiment pour les résultats. C’était toujours un bon moment dans la saison de venir jouer à Bordeaux.

Malgré les nombreuses difficultés rencontrées par les Girondins ces dernières années, peut-on toujours considérer Bordeaux comme un grand club de France ou le club a vraiment perdu son standing ?

Ca fait partie des grands clubs. C’est un club avec une histoire, qui a gagné des titres, ça on ne pourra jamais leur enlever. Après, c’est sûr que ce n’est pas la meilleure phase de leur histoire qu’ils traversent en ce moment, mais ça arrive à tous les clubs de passer des périodes plus compliquées. Ils sont dans une période de relance, ils sont en train de restructurer le club. Avec Jean-Louis Gasset, je pense qu’au niveau sportif, ils sont plutôt bien lotis et avec Alain Roche aussi qui est arrivé en début de saison. Je n’ai pas de doute là-dessus mais à mon avis, ça va prendre plusieurs années car il y a eu pas mal de dégâts au niveau de l’actionnariat. Il va falloir relancer le club mais les gens qui sont en place sont compétents, je n’ai aucun doute là-dessus. Ca fait partie de l’histoire d’un club aussi de traverser des périodes délicates mais je ne doute pas sur le fait qu’ils parviendront à redresser la barre et redevenir le club avec les résultats qu’ils avaient auparavant.

Est-ce que lors de votre carrière, vous avez déjà été approché par les Girondins de Bordeaux ? Si oui, pourquoi ça ne s’est pas fait ?

J’ai été approché très tôt dans ma carrière. Moi, je suis de Laval et quand je suis parti à Rennes, en fait je devais faire un choix entre Rennes et Bordeaux. Déjà à l’époque, j’avais été en contact avec eux mais j’avais choisi Rennes parce que c’était le centre de formation numéro 1, et c’était à une heure de route de chez moi, donc c’était beaucoup plus facile. C’est le seul moment de ma carrière où j’ai failli signer à Bordeaux, quand j’avais 15-16 ans. J’aurais pu intégrer le centre de formation de Bordeaux mais j’ai préféré aller à Rennes.

Est-ce que vous auriez aimé jouer à Bordeaux ?

Oui, bien sûr ! Dans ma carrière, j’ai connu Bordeaux beaucoup plus haut que ce qu’il ne l’est actuellement. Pour moi, sur l’ensemble de ma carrière, ils étaient dans les 5 gros du championnat. C’était toujours des gros matches, il y avait toujours de très grands joueurs. J’ai affronté aussi l’époque Gourcuff, Chamakh, quand ils ont été Champions. Ils étaient impressionnants et il y a eu la Ligue des Champions l’année qui a suivi. C’était un club qui donnait envie et je pense qu’il donne toujours envie. Les résultats sont un peu compliqués sur les dernières années mais pour moi, c’était un club qui donnait envie, j’aurais aimé y jouer à un moment donné mais ça n’a jamais été le cas et j’ai fait d’autres choix.

Dans votre carrière, vous avez côtoyé de nombreux bordelais, anciens et actuels. Pour commencer, vous avez commencé votre carrière à Rennes, aux côtés de Jimmy Briand, avec qui vous avez joué pendant au moins 4 ans. Aujourd’hui, il a passé la barre des 100 buts en Ligue 1 et continue de jouer à 35 ans. Quels souvenirs gardez-vous de ses débuts et quel avis avez-vous sur sa longévité ?

Jimmy, c’est quelqu’un que je connais depuis qu’on a 15-16 ans. On a toujours été très proches, au centre de formation déjà on a toujours été liés. Je suis très fier de sa carrière, il a fait des choses extraordinaires en termes de longévité et atteindre la barre des 100 buts en Ligue 1, c’est quand même un exploit, c’est fait par peu de personnes. Jimmy a toujours les mêmes qualités qu’à ses débuts, il fait des efforts pour le collectif, il est toujours disponible pour tout le monde. Il a un état d’esprit remarquable et irréprochable. Il est arrivé un an après moi au centre de formation à Rennes et on savait déjà quand il est arrivé que ça allait être un joueur de Ligue 1, il avait tout pour réussir. Et il a réussi à atteindre son but et de fort belle manière. Je pense que ça fait presque 20 ans qu’il joue pro, c’est remarquable. Il a gardé son état d’esprit, il n’a pas changé, c’est beau. Je suis vraiment content pour lui de ce qu’il a réussi à faire.

Vous avez également vu arriver dans le monde professionnel Yoann Gourcuff, qui a été un des éléments essentiels du titre des Girondins de Bordeaux en 2009. Malheureusement, sa carrière a été semée d’embuches et il n’a pas eu la carrière que tout le monde lui prédisait. Quels souvenirs avez-vous de lui et quel regard vous portez sur sa carrière ?

Pour nous, c’était le phénomène du centre de formation quand il est arrivé, un an après moi. Il a répondu aux attentes de suite, il a été hyper précoce. Je crois qu’à 17 ans, il a commencé à jouer en Ligue 1 avec les performances qu’on lui connaît. A Bordeaux, sa première année, il a explosé. Son talent s’est révélé aux yeux du monde. Pour différentes raisons, il n’a pas confirmé le talent qu’il avait. C’est quelqu’un de timide, qui n’aime pas trop le monde du football, ses travers et à-côtés. C’est aussi un peu pour ça qu’il n’a pas fait la carrière qui collait avec son talent. C’était un joueur extraordinaire, avec un état d’esprit extraordinaire. Sa personnalité de garçon timide, réservé et très poli ne collait pas forcément avec les groupes avec lesquels il a évolué. Ca l’a desservi, c’est dommage parce qu’il avait un talent hors normes, mais c’est comme ça…

Il faisait partie de cette fameuse équipe de 2009, menée par Laurent Blanc, qui a été championne de France. Quels souvenirs avez-vous des Girondins, vous qui jouiez alors au PSG ?

Ils étaient injouables cette année-là. Derrière, il y avait Diawara, Trémoulinas, il y avait Fernando au milieu… Je ne me souviens plus exactement de toute l’équipe mais c’était marqué de la patte de Laurent Blanc. C’était un football léché, qui était agréable à voir. Ils jouaient pour avoir le ballon et marquer des buts. On ne va pas comparer avec le Paris de maintenant car c’est un autre niveau mais ils dominaient le championnat par la possession, la qualité dans le jeu. C’était vraiment agréable. Je me souviens, avec Paris, on était venus, on en avait pris une belle, avec un but extraordinaire de Yoann Gourcuff, c’était incroyable. C’était sympa de venir jouer à Bordeaux mais pas ces années-là (rires).

Au PSG, vous avez joué avec un attaquant extraordinaire, qui a marqué tous les supporters bordelais, c’est bien évidemment Pauleta. Il a fait 3 saisons incroyables aux Girondins, en inscrivant 91 buts en 130 matchs. On imagine que c’est le genre de joueur que l’on préfère avoir dans son équipe plutôt qu’en face sur le terrain…

Oui, c’est sûr ! Pedro, je l’ai connu lors de sa dernière année. Je suis arrivé à Paris lors de sa dernière année. Il avait un certain âge déjà mais on voyait dans les déplacements et surtout dans la finition devant le but qu’il était chirurgical. Il cadrait toutes ses frappes. Physiquement, il avait un peu baissé mais ça ne se voyait pas vraiment parce qu’il était toujours aussi intelligent dans ses déplacements. Il n’a pas basé sa carrière sur son physique, il avait toujours ses déplacements et sa qualité face au but. Au niveau de l’état d’esprit, de l’éthique du travail, du professionnalisme, c’était un exemple. C’était un mec qui bossait tout le temps. Il n’était pas toujours titulaire l’année où j’ai joué avec lui mais il a toujours eu un bon état d’esprit, c’est un leader par l’exemple, par le travail. Ça reste un très bon souvenir d’avoir joué avec lui. Il y a beaucoup de gens qui me demandent souvent si je l’ai croisé à Paris. Je suis content d’avoir joué avec lui car c’est un mec qui m’a apporté dans le professionnalisme. C’était un joueur remarquable et même à 35 ans, il avait des qualités. Il était extraordinaire et très professionnel.

Vous êtes arrivé en 2007 à Paris, et c’est Alain Roche qui vous a fait venir. Aujourd’hui, il est  l’actuel directeur sportif des Girondins. Quel regard portez-vous sur sa nomination actuelle au FCGB ?

Comme je vous disais tout à l’heure, je pense qu’avec Alain et Jean-Louis Gasset, le club prend une bonne direction. Le travail ne va pas se faire si facilement qu’on aimerait mais ils vont essayer de remettre le train dans le bon sens. Il y a beaucoup de travail mais le club est entre de bonnes mains. J’ai eu la chance de recroiser Alain récemment, on a pu échanger là-dessus. Je suis content, ce sont des gens bien qui sont à la tête du club actuellement. J’espère que le travail va porter ses fruits assez rapidement pour qu’on puisse retrouver Bordeaux là où il devrait être. Il y a du travail car ils ont repris le club dans un état un peu délicat. Je ne doute pas qu’ils vont réussir à relancer tout ça.

Vous avez joué avec Nicolas De Préville, l’attaquant actuel des Girondins de Bordeaux. Son expérience en Gironde a été pour le moins irrégulière. Les changements répétés d’entraineurs sur le banc bordelais ne l’ont pas aidé. Aujourd’hui, il a perdu sa place de titulaire en début d’année et semble se diriger vers un départ (fin de contrat). Que pensez-vous de sa situation actuelle ?

Nico est dans une situation un peu délicate. Après, c’est quelqu’un qui a un fort caractère et qui ne va pas lâcher. Même si les choses ne tournent pas rond pour lui actuellement, c’est quelqu’un qui a du tempérament et qui va se battre pour essayer de regagner sa place. Il a fait quand même de belles choses depuis qu’il est arrivé à Bordeaux, je pense que les gens ne vont pas oublier ça quand même. Il a subi la situation du club, beaucoup de changements d’entraîneurs, le flou au niveau de la direction… Il n’est pas arrivé dans la meilleure période de Bordeaux non plus. Ce n’est pas forcément le meilleur moment pour s’éclater sur le terrain. Il lui reste au moins 6 mois donc j’espère qu’il va inverser la tendance. Je le connais, c’est un mec qui ne lâche pas, qui est à maturité et qui a des qualités. Il a encore la possibilité de faire changer les choses. J’espère qu’il se donne les moyens pour inverser la tendance, qu’il travaille bien et que les choses vont s’améliorer pour lui. Je lui souhaite de tout cœur.

Vous avez joué sur deux postes lors de votre carrière : défenseur central et milieu défensif. On aimerait avoir votre avis sur les joueurs qui occupent ces postes à Bordeaux actuellement. Dans un premier temps, on va bien évidemment parler de Laurent Koscielny, avec qui vous avez joué. Il fait profiter le groupe de sa grande expérience. Vous qui l’avez vu éclore à Lorient, quel regard portez-vous sur sa carrière et sur son rôle dans le groupe des Girondins ?

Sa carrière a été extraordinaire. Je l’ai vu commencer en Ligue 1, il était déjà le joueur qu’il est maintenant. Il était dominant physiquement, bon techniquement, dans les duels et le jeu aérien. Il était très complet, niveau ++. Sa carrière est extraordinaire, à l’image de ses qualités. C’est quelqu’un d’une grande humilité. Je ne l’ai croisé que 6 mois à Lorient, on n’a pas pu beaucoup échanger mais je sais que les Lorientais en gardent un très bon souvenir, en tout cas tous les joueurs qui ont évolué avec lui. Sa carrière n’est pas due au hasard non plus. C’est quelqu’un qui travaille. Tout n’a pas été facile pour lui. Avant Lorient, il a débuté en Ligue 2. Guinguamp, ça ne s’est pas passé comme il voulait, il a dû aller à Tours pour se relancer. Il sait d’où il vient aussi. Il a gardé cette humilité-là. Sa carrière, que ce soit à Arsenal ou en Equipe de France, a été extraordinaire. Après, pour l’avoir vu jouer à Bordeaux, on retrouve le Laurent que l’on connaît :  très bon dans l’anticipation, les lectures de trajectoire, dans les duels, dans le jeu aérien… C’est un défenseur moderne parfait. Il est très complet.

A côté de lui, il a Paul Baysse, qui a réussi à inverser la tendance. Ça n’a pas été simple pour lui depuis qu’il est revenu à Bordeaux. En plus, il y a eu de l’affect parce que c’est son club formateur. Je suis content pour lui. Et il y a Pablo aussi qui est aussi un joueur de haut niveau. Je pense que la défense centrale de Bordeaux n’est pas en manque de talent. Déjà, ce socle défensif est assez costaud cette année.

En milieu défensif, Bordeaux s’appuie principalement sur Otávio, qui est un joueur essentiel pour l’équilibre des Girondins actuellement. Et on sent justement que lorsqu’il n’est pas là, l’équipe est destructurée. Que pensez-vous de ce joueur ?

Justement, heureusement qu’il est là parce qu’à part lui, il n’y a pas d’autres milieux défensifs. C’est vrai que l’effectif est constitué d’une façon un peu bizarre. Mais c’est un joueur que j’aime beaucoup, qui est très bon dans le jeu court, il est bon techniquement. Il n’est pas dominant par son physique mais il apporte beaucoup de choses. Il colmate beaucoup de brèches, il compense beaucoup des erreurs de placement des joueurs devant lui. C’est un joueur intelligent, fin techniquement et très bon dans la relance. J’aime bien ce profil de joueur, il apporte beaucoup à l’équipe.

Ce weekend, Lorient et Bordeaux s’affronte pour conclure cette première partie du championnat. Lorient a chuté sévèrement face à Monaco cette semaine et Bordeaux, de son côté, a fait 0-0 à Metz. Comment voyez-vous ce match ?

Lorient va arriver déjà avec l’envie de ne pas prendre de but, vu qu’ils en ont déjà pris 5 mercredi. Ils sont très mal classés, ils sont avant-derniers. A mon avis, ils vont venir pour fermer le jeu. Même si ce n’est pas la vision du club, je pense qu’ils vont quand même le faire. Bordeaux jouera sans Hatem Ben Arfa, ils savent que ça va être un peu moins pétillant. Donc je pense que Lorient va venir d’abord pour ne pas prendre de but et ramener au moins un match nul. Ils vont essayer de se rassurer parce que les derniers matches sont un peu inquiétants, notamment la défaite de mercredi. Et Bordeaux, je n’ai pas vu les derniers matches donc c’est difficile de se prononcer mais j’ai l’impression qu’il y a du mieux dans le jeu. J’espère qu’ils seront meilleurs offensivement et qu’ils pourront se créer des situations. J’espère qu’on verra un joli match. Dans tous les cas, le résultat me conviendra parce que j’aime Bordeaux et j’aime Lorient. Je suis un peu partagé, j’ai du mal à choisir mon camp (rires).

Si Lorient vient pour fermer le jeu face à Bordeaux qui a eu son 10ème clean-sheet cette semaine, on se dirige vers un 0-0, non ?

Je n’espère pas. Mais c’est vrai que Bordeaux a retrouvé une base défensive, c’est important pour faire une saison consistante. On sait que ça pêche offensivement, ça manque un peu de liant, de réalisme. Mais je pense que Lorient a besoin de se rassurer… Je ne parierais pas sur le 0-0 parce que je ne le souhaite pas, mais si j’avais une pièce, je mettrais sur ce score-là quand même.

Après son incident violent avec le chauffeur de bus du club, l'entraîneur du MC Oujda Abdeslam Ouaddou sollicite la médiation de la Fédération marocaine.
ds 0362L’affaire "Ouaddou-MC Oujda" connaît ce mardi de nouveaux développements. L’ancien défenseur, aujourd’hui coach du MCO, a passé une contre-visite médicale auprès de la commission médicale régionale, qui a approuvé le certificat médical d’une durée de 20 jours, nous apprend Le 360. Par ailleurs, l’ex-Rennais a adressé un courrier au secrétaire général de la Fédération royale marocaine de football, Tarek Najem. Dans celui-ci, Ouaddou sollicite la médiation de l’instance et demande une rencontre avec le président du MCO afin de mettre les choses à plat, une condition nécessaire à une poursuite de sa mission sur le banc mouloudéen pour l’entraîneur.

D'après les informations de L'Equipe, le groupe sino-espagnol Mediapro a annoncé l'arrêt de la chaîne Téléfoot à l'ensemble de ses salariés. En amont, la LFP aurait décidé de mettre fin au contrat des droits TV avec le diffuseur selon l'AFP. Si aucune date d'arrêt n'a encore été précisée, l'épilogue malheureux du feuilleton semble bien arrivé.
ds 0361Cette fois, c'est bien fini. Le triste épilogue, tant redouté, est arrivé au terme d'un feuilleton loin d'être glorieux pour le football français. Selon l'AFP, la Ligue de football professionnel français (LFP) a décidé de mettre fin au contrat avec son diffuseur majeur Mediapro après deux mois de conflit sur les droits télévisés. La sortie du diffuseur sino-espagnol, défaillant, doit encore être validée par le tribunal de commerce de Nanterre, a précisé une source, indiquant que la LFP devait récupérer ses droits de diffusion d'ici au 21 décembre. Un conseil d'administration de la LFP a été tenu vendredi matin pour étudier la question. Contacté par l'AFP, Mediapro n'a pas répondu.

Mediapro a prévenu ses salariés
De son côté, L'Equipe précise que le groupe Mediapro a annoncé l'arrêt de la chaîne Téléfoot à l'ensemble des salariés. Pour rappel, le groupe sino-espagnol n'avait pas versé ses deux dernières échéances : en octobre (172,3 millions d'euros) puis en décembre (152,5 millions d'euros). Au total, il avait acquis les principaux matches des deux premières divisions françaises pour un montant annuel de 830 millions d'euros sur la période 2020-2024.

"J'attends d'eux qu'ils respectent leur engagement et qu'au minimum, ils fassent preuve de responsabilité dans le dénouement de la crise qui nous oppose", avait déclaré le président de la LFP Vincent Labrune début novembre. Plus d'un mois plus tard, le point final a été inscrit. Le chapitre Mediapro va tristement se refermer.

La LFP pourrait trouver rapidement un accord avec Mediapro pour récupérer ses droits. Mais en perdant l'essentiel des sommes dues par son principal diffuseur.
ds 0360L'interminable feuilleton entre la LFP et Mediapro, qui n'a pas payé son échéance du 5 octobre (172,3 millions d'euros) ni la suivante, le 5 décembre (152,5 millions d'euros), livre ses derniers épisodes. Jeudi matin, lors du conseil d'administration (CA) de l'instance, Marc Sénéchal, le conciliateur nommé par le tribunal de commerce de Nanterre, a expliqué être encore en négociation, mais très proche de la fin des discussions avec le groupe sino-espagnol.

Ce qui ne résout pas tous les problèmes. Car, comme l'a expliqué ce spécialiste des entreprises en grande difficulté, le football français est désormais devant un choix cornélien : soit il accepte les conditions de Mediapro (en gros, un abandon du contrat en payant une très faible indemnité, inférieure à 50 M€, et la garantie de ne pas être poursuivi ni par la Ligue ni par SFR, Free, Orange et Bouygues Télécom, les fournisseurs d'accès à Internet), soit il va au clash et le diffuseur est placé en liquidation judiciaire.

On entrerait alors dans un combat juridique long et incertain. "Le choix entre la peste et le choléra", comme l'a résumé un participant. Pour le conciliateur, pas de doute, il faut opter pour un accord avec Mediapro, même si les conditions ne sont pas idéales, afin que la LFP récupère ses droits.

Dans la foulée, Vincent Labrune a pris la parole, avec un discours un peu plus dur. Le président de la Ligue veut, lui aussi, sortir Mediapro du jeu pour se tourner vers un diffuseur solvable mais en obtenant une indemnité financière plus importante. Si le nouvel entrant en instance de départ est en mesure de la verser...

18 décembre, la date butoir pour la conciliation
Labrune a également annoncé qu'un nouveau CA pourrait être convoqué dès aujourd'hui pour prendre une décision définitive si c'est nécessaire. Ou se réunir les jours suivants, puisque, tard jeudi soir, aucune convocation n'avait été envoyée aux administrateurs de la LFP. En sachant qu'il reste encore un petit peu de marge, car la date officielle de fin de la conciliation est le 18 décembre. Mais la LFP et le conciliateur veulent aller vite.

Lors du CA, Jean-Pierre Rivère, le président niçois, s'est également dit favorable à une issue rapide avec Mediapro afin de passer à autre chose. Et a milité pour que quelques présidents de club épaulent Labrune, si nécessaire, dans la toute dernière ligne droite, afin de peser sur les ultimes arbitrages. Le ton ne contenait aucune défiance vis-à-vis de la direction de la LFP, mais une volonté d'aider. Nasser al-Khelaïfi, le président du PSG, s'est exprimé rapidement, selon un observateur, "en donnant le sentiment, entre les lignes, qu'il était est plutôt pour l'option dure vis-à-vis de Mediapro".

Dans la soirée, les discussions se sont poursuivies entre la LFP, Mediapro et le conciliateur. Labrune entend obtenir la restitution des droits plus une somme d'argent qui s'approche de la valorisation des matches diffusés par Téléfoot, la chaîne de Mediapro, et non payés. Cette facture tourne autour de 140 M€. Une somme qui sera sans doute impossible à obtenir.

La forte rancune de Canal + à l'égard de Mediapro
Si ces ultimes tractations aboutissent, il faudra alors trouver un opérateur solvable susceptible de prendre très vite le relais. Canal +, le diffuseur "historique" de la L1, n'a pas formulé d'offre, mais se dit prêt à le faire si la situation se décante avec une proposition globale autour de 590 M€, plus environ 100 M€ de bonus liés à une hausse éventuelle du nombre de ses abonnements. Et la possibilité de faire un geste pour la saison en cours (la plus compliquée, financièrement, pour les clubs), sous forme d'avance.

Mais Canal + ne veut pas bouger avant que l'horizon ne soit totalement dégagé. Cette attitude très distante des dirigeants de la chaîne cryptée, ces dernières heures, a créé un début d'inquiétude à la Ligue. "Il y a plusieurs raisons pour lesquelles Canal + ne veut pas bouger vite, croit savoir un observateur. La première est financière. Il s'agit d'une entreprise cotée en Bourse. Ce n'est pas évident de réaliser une telle opération à quinze jours de la clôture des comptes. Cela peut avoir une répercussion sur le cours de Bourse."

Le ressentiment à l'égard de Mediapro est également puissant, n'incitant pas Canal + (au grand dam de la LFP et de Marc Sénéchal) à participer à un règlement global. "Vincent Bolloré (qui contrôle Vivendi, la maison mère de la chaîne cryptée) en veut terriblement à Mediapro, poursuit ce proche du dossier. La sortie peu "honorable" du groupe sino-espagnol, ça lui déplaît fortement. Le côté : "On a occupé l'appartement pendant six mois, on a un peu tout cassé et vous rend les clés", ça ne lui va pas. Et il se dit au passage : "Chaque jour qui passe, je leur fais un peu plus mettre un genou à terre". Il n'a donc aucun intérêt à se presser. Pour acheter à des prix incroyables, il est champion du monde."

S'il traîne, risque-t-on de vivre la situation inédite d'un diffuseur parti avant que le suivant n'arrive ? Avec des matches non diffusés en attendant ? Ou même de voir Mediapro qui décide unilatéralement les retransmissions pour mettre la pression ? Personne ne veut y croire, même si, dans cette affaire, on n'est plus à une mauvaise surprise près.

Du côté de la LFP et de Mediapro, on a quelques jours supplémentaires pour trouver un accord négocié, mais c'est une évidence les patrons de Téléfoot veulent s'en sortir sans risque.ds 0359Entre le football français et Mediapro l’histoire d’amour n’aura pas duré longtemps, et il semble probable que Téléfoot aura été l’une des chaînes sportives les plus éphémères du Paysage Audiovisuel Français. Sauf miracle on ne voit pas comment le média pourra survivre au non-paiement des échéances des droits TV de la Ligue 1. Et même si les équipes de Téléfoot n’ont rien à se reprocher, la Ligue de Football Professionnel veut au plus vite stopper la mauvaise blague. Vendredi, faute d’un accord, le conciliateur nommé par le tribunal de commerce de Nanterre a accordé quelques jours supplémentaires à Mediapro et la LFP pour trouver une solution convenable. Mais pour Etienne Moatti, il est évident que le groupe sino-espagnol devra lâcher l’affaire et ne peut plus envisager d'aller au bout de son contrat jusqu’en 2024. Reste à trouver une porte de sortie honorable et c’est ce qui fait durer les négociation, car Jaume Roures veut éviter le goudron et les plumes.

Et le spécialiste des droits TV au sein de la rédaction de L’Equipe d’en dire un peu plus. « Pour Mediapro, le débat n’est plus d’obtenir un rabais sur la première année de son contrat. Mediapro ne paie pas ses factures à la LFP, et donc Mediapro ne donne pas des garanties pour le futur non plus. L’idée est de sortir Mediapro pour trouver un autre diffuseur et il n’y en a qu’un seul capable de reprendre les droits en cours de route, c’est bien sûr Canal+. Mais avant ça, il faut sortir proprement Mediapro. Les patrons de Téléfoot ont de nombreuses exigences afin de ne pas payer ce qu’ils doivent et ne pas être embêtés sur le plan judiciaire dans l’avenir. Il y a énormément de garanties demandées à la Ligue et au médiateur, qui ne sont pour le moment pas en mesure de leur fournir. Une fois que toutes ces exigences-là sont établies, ce sera possible de trouver un nouveau diffuseur, sachant que les montants seront divisés par deux », prévient Etienne Moatti, qui ne croit plus du tout à l’avenir français de Téléfoot.

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